Et si tous faisaient de même ?

Le Mouvement de la société pour la paix vient de trancher sa non-participation à l’élection présidentielle du printemps prochain au cas où le président de la République confirmerait sa volonté de se représenter à un 5e mandat de suite. D’autres partis lui emboîteront sûrement le pas.
À l’exclusion, bien évidemment, des formations politiques qui négocieraient l’alignement de lièvres dans la course. Des lièvres dont le système aura, sans nul doute, besoin pour tenter de crédibiliser un scrutin dont la régularité et la transparence seront, une nouvelle fois, soumises à caution. Et il en aura d’ailleurs grand besoin car, sans eux, le chef de l’État risque de se retrouver dans la peau du candidat solitaire d’une élection où les joutes électorales se résumeraient, alors, aux soliloques insipides de ses affidés, lui ne pouvant faire campagne pour des raisons de santé. Aussi, si le système fait le choix de la continuité avec Bouteflika, pour reprendre le jargon en vogue, c’est qu’il se donnera les moyens d’y parvenir. Ce que d’aucuns, partis politiques, analystes et autres observateurs de la scène politique, ont bien compris.  Ils le savent d’expérience, pour l’avoir vécu ou subi durant les quatre mandats successifs du candidat Bouteflika, particulièrement le dernier.
En 2014, sans mener campagne, malade qu’il était, il s’est tout de même offert une victoire avec un score brejnévien. Il a été élu avec 81,49% des suffrages exprimés, loin devant Ali Benflis avec tout juste 12,30%. On comprend, après cela, que les partis hésitent à concourir avec le candidat du système. Aussi, la décision du parti islamiste de ne pas être dans  la compétition électorale si Bouteflika y prend part, est la plus lucide qu’il est donné de prendre dans la situation du système politique qu’est le nôtre.
Cela, outre qu’elle s’inscrit en droite ligne de la position qu’il a adoptée par rapport au scrutin présidentiel d’avril 2014. Elle procède également du bon sens politique, car il ne ferait pas sérieux pour un parti politique de prétendre à des dividendes électoraux sans préparation conséquente. Or, pour le MSP, comme pour le reste de l’opposition, les délais sont courts pour une véritable préparation de la prochaine échéance électorale. Le doute entretenu autour de la candidature de Bouteflika a eu sur eux un effet inhibiteur. Mais, politiquement, tout n’est pas perdu pour eux : il leur reste un boycott collectif de la présidentielle. Il y a encore du temps pour un consensus.