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editorial / ACTUALITÉS

Forme respectée, fond occulté

Le rituel est déjà rodé depuis quelque temps : c’est à l’occasion des dates-anniversaires que s’exprime le chef de l’État au moyen de messages lus en son nom. Les observateurs, définitivement conditionnés par ce mode de communication, sont donc systématiquement à l’affût, à chacune de ces occasions, pour tenter de saisir au vol ou dénicher entre deux lignes quelque “éclairage” sur un dossier ou une situation donnée. Hier, les yeux étaient donc braqués vers le Palais d’où allait sortir un texte qui, célébration du 1er Mai oblige, devait nous édifier un peu plus sur la feuille de route adoptée en haut lieu pour gérer au mieux un monde du travail inquiet, un front social en ébullition et un monde syndical en colère.
Le message présidentiel est venu, comme attendu, et l’on peut dire que la forme de communication adoptée depuis 2013 est encore une fois respectée. Mais le fond, lui, a été occulté. Hier encore, il a surtout été question du bilan “des réalisations de ces deux dernières décennies”, donc de la gouvernance sous Bouteflika.
Et, comme de coutume, l’on n’a pas manqué d’évoquer la concorde civile et la réconciliation nationale, qualifiées cette fois de “bénédiction” puisque ce sont elles qui ont rendu possible tout le reste.
Hormis l’hommage de circonstance rendu aux travailleurs et aux travailleuses, rien n’est venu rassurer ces derniers quant aux retombées d’une crise financière bien réelle qui, elle, a été endossée non pas à la gouvernance économique du pays, mais à des facteurs externes, notamment la chute des cours du pétrole sur le cours du baril. Rien sur les conflits sociaux en cours, rien encore sur la réforme du code du travail et, comme pour rester parfaitement hors sujet, rien aussi sur la polémique née de cette décision du ministère du Travail de rayer de la carte presque la moitié des syndicats autonomes.
Les rédacteurs du message ont superbement ignoré l’actualité brûlante du monde du travail dans notre pays, même s’ils n’ont pas omis de souligner l’attachement de l’État à la poursuite de la collaboration entre le gouvernement et ses partenaires dans le cadre de l’éternelle tripartite. Une collaboration qui aura été effective dans le limogeage d’un Premier ministre, mais qui n’aura pas été d’une grande utilité dans la concrétisation du fameux pacte économique et social qui devait favoriser les investissements et une certaine dynamique économique et, simultanément, garantir la préservation des droits sociaux des travailleurs. Après cela, l’on comprend certainement mieux ces syndicats qui ont décrété ce 1er Mai “jour de deuil”.


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