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editorial / ACTUALITÉS

Fronde sociale, nuisance politique

Si on ne guérit pas d’une fièvre en cassant le thermomètre, le gouvernement et ses soutiens croient pouvoir juguler les effets directs de la crise économique si possible en les occultant  ou, à défaut, en en imputant les causes à de mystérieuses manipulations. Cela vaut, en l’occurrence, pour les grèves et autres mouvements sociaux en cours. L’empêchement des manifestations à Alger et le recours systématique aux tribunaux n’ayant pas suffi à refroidir les ardeurs des syndicats et à annihiler la “nuisance politique” engendrée par cette fronde sociale qui monte en puissance, les porte-paroles habituels du gouvernement se devaient d’entrer en scène, comme dans une contre-offensive concertée. Simultanément, en effet, des partis politiques se joignent à l’UGTA de Sidi-Saïd, éternellement à la marge des véritables préoccupations syndicales, sont montés au créneau pour se fendre d’un seul et même discours. Du déjà vu, en somme. Au mieux, on admet l’existence d’un mécontentement populaire, mais on ajoute tout de go qu’il est instrumentalisé et exploité par des parties jamais désignées nommément et que celles-ci inscrivent leur action dans un agenda politique. Il est question, en l’occurrence, de la prochaine présidentielle. Au pire, ce sont les syndicats autonomes eux-mêmes qui s’impliquent dans un jeu politicien et forcément irresponsable puisqu’ils mettent ainsi en péril la stabilité du pays, d’autant que des puissances étrangères voudraient, selon Ghoul, jouer une deuxième mi-temps de Printemps arabe.
Rien de nouveau, donc, sous le ciel d’Algérie. La stratégie d’occultation des réalités est toujours de mise, alors que le pays est plutôt en mal de stratégie économique, seule à même de donner au gouvernement les moyens d’une politique de justice sociale dont il a fait, à la longue, un simple slogan, jamais concrétisé à ce jour. Comme de coutume, cette stratégie d’occultation est accompagnée par une communication d’enjolivement national, de dénonciation d’ennemis extérieurs et/ou intérieurs et de chantage à l’instabilité. Tout cela n’a pas bien changé l’état du pays qui, de fait, est condamné à tourner en rond, à faire du surplace. Dans ce monde qui bouge et qui bout, continuer d’adopter cette façon figée d’appréhender l’expression  des frustrations sociales et des oppositions politiques revient certainement à prendre le chemin le plus court vers cette instabilité tant redoutée.


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