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editorial / ACTUALITÉS

Irrecevable compromis

Les Algériens n’entendent pas accorder un sursis à Bouteflika. Ils le lui ont clairement signifié dans la nuit de dimanche à lundi, à travers des marches nocturnes dans plusieurs villes du pays. Ces manifestations, qui ont éclaté après que son directeur de campagne, Abdelghani Zaâlane, a déposé le dossier de candidature, se veulent à la fois une réaffirmation du rejet du 5e mandat, mais aussi des nouveaux engagements électoraux exprimés, principalement l’organisation d’une élection présidentielle anticipée.
Cinglante, cette réponse prompte de la rue dénote non seulement une conscience, mais aussi une lucidité politique insoupçonnée. Les Algériens ont tout de suite vu dans la déclaration de Zaâlane attribuée au candidat Bouteflika — car rien ne dit que c’est lui en personne qui s’exprime et que ce ne sont pas d’autres qui le font à sa place — un marché de dupes, une manœuvre, voire une supercherie.
Ils ont raison de refuser l’offre, parce qu’elle ne constitue pas la réponse qu’ils ont réclamée. En effet, alors que le peuple exige de lui de renoncer à briguer un nouveau mandat présidentiel, Bouteflika n’entend que d’une oreille en proposant un compromis : plutôt qu’un 5e mandat intégral, il demande à en faire juste une tranche (qu’il ne définit pas) au bout de laquelle il organiserait une élection présidentielle anticipée, promettant que lui-même ne se porterait pas candidat.
Cet engagement peut paraître une concession raisonnable de la part d’un chef d’État qui a toujours rêvé d’une Présidence à vie, mais qui vit une triste fin de règne.
Elle l’aurait été certainement si celui qui la concède pouvait encore bénéficier ne serait-ce que d’une confiance minime auprès du citoyen. Or, ce n’est pas le cas de Bouteflika dont la crédibilité s’est totalement érodée à force d’avoir usé et abusé de promesses non tenues. Aussi, le verdict rendu par le peuple à son encontre est sans appel. Il l’est davantage, vu que l’opposition politique, à laquelle la crise suggère naturellement le rôle d’intermédiation, n’est pas emballée par le projet proposé. Elle n’y croit pas, et elle a raison de ne pas y croire. Elle a été leurrée plusieurs fois pour se laisser prendre au piège de nouveau. Bouteflika ou ceux qui espèrent pouvoir négocier la prolongation de son bail à El-Mouradia d’une année ou deux savent ce qu’il leur reste à faire : partir ! Le mouvement de l’histoire est implacable.


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