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editorial / ACTUALITÉS

Irrésistible jeunesse


Il y avait de l’émotion, de la joie, voire de la liesse, hier, à la sortie du pénitencier d’El-Harrach. Les accolades, les embrassades et les youyous se sont mêlés aux pleurs, tout cela sous les clameurs de “Djazaïr hourra dimocratia”. Treize jeunes parmi ceux qui ont été injustement incarcérés dans le cadre de la chasse aux sorcières engagée contre les porteurs de l’emblème amazigh et de pancartes aux slogans antisystème, le simulacre de justice ayant fait le reste, ont retrouvé la liberté.

Ce fait n’est point une faveur que leur a consentie le pouvoir politique comme peuvent le penser certains observateurs crédules. Ces jeunes, des adolescents pour certains, ont tout simplement purgé la peine de six mois à laquelle ils ont été condamnés par un régime qui pensait, en agissant ainsi, dissuader les militants du mouvement populaire de continuer à manifester comme ils le font depuis 10 mois pour une nouvelle Algérie, celle des libertés et de la justice.

Et comme un pied de nez au pouvoir despotique, l’emblème amazigh a flotté devant la prison que les détenus devaient quitter. La campagne de diabolisation de la Kabylie, entreprise par les tenants du pouvoir en place dans l’objectif de diviser et de briser la révolution citoyenne, s’est, évidemment, fracassée contre le mur d’une prise de conscience populaire inédite dans la courte histoire de l’Algérie indépendante. Voilà un facteur que le système, qui a toujours régné grâce à sa politique de division du peuple, n’a, visiblement, pas pris en considération.

Ces méthodes d’un autre âge ont fini par être démasquées par les manifestants du hirak qui non seulement ont maintenu la mobilisation à travers le territoire national, mais encore se sont approprié des slogans jusque-là propres à la Kabylie. Comme un cinglant retour de boomerang à sa politique suicidaire, l’unité et la solidarité du mouvement populaire se sont renforcées et ont donné lieu, au grand dam du pouvoir, à de beaux gestes de solidarité entre citoyens de différentes régions du pays.

Un des plus beaux exemples de cette communion nous est venu vendredi d’Oran où des manifestants d’autres wilayas s’y sont déplacés pour apporter leur soutien aux hirakistes de la wilaya, réprimés quelques jours auparavant, par les forces de l’ordre. Et c’est précisément là que réside le miracle de la révolution du sourire : réconcilier les Algériens entre eux au moment où le système, qui tente de survivre, fait tout pour les diviser. 


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