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editorial / ACTUALITÉS

La Banque d’Algérie en lanceur d’alerte ?

Le dernier rapport publié par la Banque d’Algérie et consacré à l’évolution économique et monétaire en 2016, ressemble, à s’y méprendre, à un véritable réquisitoire contre l’action du gouvernement dans le domaine de la gestion des finances publiques. Si on ôtait l’en-tête et les différentes références à cette institution dans le document, on pourrait facilement mettre cette analyse sur le compte d’une organisation internationale ou une ONG. Et pour cause, le lexique emprunté pour la circonstance et même, par endroits, le ton adopté pour décrire la situation financière du pays, ainsi que les recommandations suggérées, sont de nature à surprendre le lecteur par leur gravité. Les rédacteurs du document n’hésitent pas, en effet, à appeler les choses par leur nom et à mettre le doigt là où cela fait mal, tout en prenant, parfois, le soin de mettre les formes pour tempérer les constats accablants qui y sont dressés. À titre d’exemple, la Banque d’Algérie n’y va pas par trente-six chemins pour mettre en lumière la situation lamentable dans laquelle se trouve le système bancaire public, incapable de se décarcasser et de se mettre au diapason des établissements financiers modernes. Niveau des créances non performantes en hausse, coût du risque élevé, diminution des dépôts collectés sont, parmi tant d’autres, les tares énumérées par la Banque d’Algérie pointant du doigt des indicateurs qui virent au rouge pour les banques publiques. Venant d’une institution publique, ce constat, au demeurant aussi cinglant qu’objectif, a, toutefois, de quoi surprendre. Les experts, rédacteurs du rapport, ne sont pas sans savoir que le pays se trouve à la croisée des chemins et qu’en effet, il n’y avait peut-être plus de place pour la complaisance. Et c’est, vraisemblablement, la raison principale qui a poussé la Banque d’Algérie à se positionner presque comme un lanceur d’alerte en jugeant “impératif”, pour l’État, d’améliorer le recouvrement de la fiscalité ordinaire, notamment la fiscalité directe sur les bénéfices des sociétés et la fiscalité indirecte intérieure. La Banque d’Algérie se surprend même à réprimander, indirectement, le gouvernement, objet, par ailleurs, de vives critiques des opérateurs économiques et des experts, pour ses hésitations à mener les réformes structurelles, pourtant essentielles pour sortir de la gestion rentière des affaires publiques. À ce titre, l’action de la mère des banques algériennes est à louer.


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