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editorial / ACTUALITÉS

La campagne au temps du choléra

Les autorités sanitaires du pays ont longtemps tergiversé avant de confirmer que la pathologie qui s’est déclarée dans les wilayas de Bouira, de Blida, de Tipaza et d’Alger est le choléra et non une gastroentérite aiguë, comme soutenu dans un premier temps. Pour dire la vérité, on imagine qu’elles ont dû attendre le feu vert des autorités politiques, lesquelles n’ont pas su tout de suite, on le suppose aussi, comment réagir face à la situation. Leur hésitation à communiquer sur le sujet procède sûrement du fait qu’il n’est pas de bon ton de parler de choléra, une maladie moyenâgeuse, en temps de campagne électorale pour le 5e mandat successif pour le chef de l’État, Abdelaziz Bouteflika. Car, il va sans dire, que l’apparition de cette maladie, censée avoir été définitivement éradiquée chez nous, contraste fortement, sinon dément carrément tous les discours officiels sur les réalisations dans le domaine de la santé. Il aura du mal le secrétaire général du FLN, qui s’apprête à finaliser le bilan des 20 ans de règne du président de la République sortant, à soigner sa copie. Du moins, au plan de la santé. Les experts préposés à la tâche auront beau forcer sur le vernis, ça ne luira pas, puisque cette épidémie de choléra est là pour rappeler que, malgré toutes les réformes menées et les sommes qui leur ont été consacrées, nous restons exposés aux mêmes risques épidémiologiques que les pays pauvres ou en guerre. C’est le directeur de l’Institut Pasteur lui-même qui le reconnaît, en affirmant que les cas de choléra ne concernent pas que l’Algérie, mais aussi des pays comme… le Niger, le Tchad et le Yémen.  Voilà où nous en sommes : nous ne sommes pas plus prémunis que des pays extrêmement pauvres et qui n’ont pas les moyens d’améliorer leur système de santé. Ceux qui seront appelés à faire campagne pour le maintien de Bouteflika au pouvoir devront expliquer comment on peut encore mourir du choléra en 2018. Une entreprise d’autant plus difficile qu’insister sur l’origine de la pathologie ne leur sera d’aucun secours. Car, que la contamination vienne de l’eau ou des fruits, la responsabilité de ceux qui sont chargés de la santé publique est entièrement engagée. Ce sont les contrôles qui garantissent la qualité des produits de consommation et préservent la santé du citoyen. Or, les contrôles, qui sont consubstantiels à la bonne gouvernance, font grandement défaut.


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