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editorial / ACTUALITÉS

La chute

Le chef de l’État partira avant le terme de son mandat, le quatrième de suite, qui s’achèvera le 28 avril prochain. Sa démission, dont la date d’effet n’a pas été précisée, a été annoncée hier par un communiqué de la présidence de la République. Abdelaziz Bouteflika quitte ainsi un pouvoir auquel il s’est accroché désespérément, jusqu’à rêver d’y mourir, sans gloire aucune. 

L’histoire, dont le jugement est implacable, retiendra de lui l’image d’un potentat chassé par son peuple. Les manœuvres et autres ruses n’ont pas été d’un quelconque secours pour le clan qui a fini par abdiquer devant la déferlante populaire. Cette chute, que le peuple saluera sûrement uniquement comme une victoire d’étape, entraînera-t-elle cependant l’écroulement du système ? Il ne faudrait peut-être pas le conclure tout de suite. 
La fin du long règne de Bouteflika est loin d’être synonyme de celle du système. Les observateurs les plus avertis et les plus perspicaces alertent sur un risque sérieux d’avortement de cette révolution du peuple, si l’option d’une transition telle que déclinée par la feuille de route que le pouvoir vient de réadapter venait à prévaloir. La démission annoncée de Bouteflika maintient la transition dans le cadre de l’article 102 de la Constitution. 
Or, légal certes, ce mécanisme constitutionnel pour la succession n’agrée pas le peuple qui décèle, à raison, en lui une voie pour la sauvegarde et la perpétuation du système. L’éloignement du président du Conseil de la nation, Abdelkader Bensalah, de cette transition pour tenter de contenter une rue qui s’est déjà déclarée opposée à une telle perspective, n’altérera pas grandement le schéma retenu pour une transition contrôlée par les nouveaux décideurs. On évoque la mise à l’écart de Bensalah que la Constitution désigne comme intérimaire après le départ de Bouteflika, parce que le bruit court qu’il y aura un chamboulement au Conseil de la nation dans les jours à venir. Un chamboulement qui interviendrait parmi les décisions importantes annoncées par le communiqué de la Présidence pour assurer la continuité des institutions de l’État. 

Cela, même s’il venait à être acté, ne pourrait tromper la lucidité du peuple. Les Algériens, qui ne sont dupes de rien, se sont déjà éveillés à la manœuvre. 

sofiane aït iflis


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