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editorial / ACTUALITÉS

La fin d’un ostracisme

Yennayer, journée chômée et payée. Enfin !  Sommes-nous tentés de dire. Mais gardons-nous des transports euphoriques que procurerait légitimement un tel événement, la décision étant, néanmoins, il faut le reconnaître, à saluer. C’est cela de pris au système politique et au pouvoir qui l’incarne qui ont fait du déni identitaire amazigh un credo. Un acquis, donc, à ajouter aux autres, tous arrachés de haute lutte et au prix d’immenses sacrifices. Elle-même, la légalisation de la fête du nouvel an amazigh, coïncidant avec le 12 janvier, n’est pas intervenue dans un élan philanthropique d’un régime plutôt généreux dans les amplifications folkloriques qu’en matière de résolutions déterminantes pour l’identité, la langue et la culture amazighes. Il aura fallu attendre près de deux ans après la consécration du caractère officiel — en devenir, plus précisément — de la langue amazighe pour que soit prise une décision traduisant une volonté politique d’en donner une traduction concrète, un prolongement pratique. Il aura surtout fallu une bonne piqûre de rappel. Ce qu’ont fait les marches et autres actions de protestation provoquées par le rejet, par le Parlement, d’une proposition d’amendement relatif à la généralisation de l’enseignement de tamazight. Cependant, tant mieux que cela soit intervenu. Car, ce qui importe, en définitive, ce n’est pas tant ce qui a poussé à la satisfaction d’une cause mais la satisfaction elle-même. Au plan de la portée politique, il est important que le pouvoir se libère de ses légendaires hésitations par rapport au fait amazigh et ose ce pas, ce petit pas, vers la réconciliation de l’Algérien avec son histoire millénaire et sa culture ancestrale, en un mot, son identité. La reconnaissance de Yennayer, qui est indéniablement un enrichissement pour la culture nationale, est de ces résolutions qui aideraient à cimenter la cohésion nationale, ne serait-ce que parce qu’elle  met un terme à l’ostracisme qui, au fil des ans, attisait dangereusement les tensions. La décision prise, hier, mercredi, par rapport à Yennayer, permet à l’Algérien de s’approprier son patrimoine, car Yennayer, dont les contingences politiques avaient presque réduit la revendication à des régions berbérophones précises, la Kabylie, surtout, est un référent commun à l’ensemble des Algériens. Preuve en est sa célébration rituelle autant dans l’Oranie qu’en Kabylie. Faut-il, enfin, conclure, en rappelant, que la légalisation de Yennayer n’est que la généralisation d’une fête déjà déclarée chômée en Kabylie depuis de longues années.


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