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editorial / ACTUALITÉS

La force des aspirations refoulées

Après la répression qui a marqué la dernière manifestation des étudiants à Alger, d’aucuns s’attendaient à une possible baisse de la mobilisation populaire à l’occasion du 34e vendredi du mouvement populaire. Face au risque de matraquage et de dérapages qu’il aurait pu provoquer, on pouvait penser, en effet, que beaucoup d’Algérois allaient s’abstenir de sortir, notamment ceux qui avaient l’habitude de manifester en famille et avec leurs enfants. Mais, à la surprise de ceux qui avaient parié sur un tel scénario, c’est tout le contraire qui s’est produit hier : les manifestants étaient encore plus nombreux dans la capitale qu’au 33e vendredi.  
La répression des étudiants mardi dernier n’aura donc pas eu d’effet dissuasif, bien au contraire. Nullement intimidés, c’est à peine si les manifestants ont pris, durant la matinée, quelques précautions tactiques, comme celle qui consiste à ne pas s’exposer au risque d’interpellation avant l’arrivée des grandes foules au centre d’Alger. Cela, il faut encore l’inscrire à l’actif du mouvement populaire qui fait montre, ainsi, d’une indéniable capacité à s’adapter à chaque situation, non seulement par les slogans, mais aussi par l’organisation pratique des manifestations. 
Comment donc expliquer ce refus d’abdiquer, plus de sept mois après la naissance du mouvement de contestation, y compris lorsque la tentation répressive du pouvoir se fait plus forte ? Sans doute par une prise de conscience que certains observateurs et analystes politiques qui hantent certains plateaux de télé ne considèrent toujours pas à sa juste mesure. Face à toutes les formes d’adversité, dont la répression, les Algériens sont mus, d’abord, par leurs aspirations. Celles-là mêmes qu’ils ont dû refouler depuis très longtemps. Si longtemps qu’ils ne peuvent plus et ne veulent plus les “brader”. Car ils savent que ce serait lâcher ce précieux levier qu’ils tiennent désormais : la chance de pouvoir enfin décider de leur avenir.  Il suffit sans doute d’entendre les slogans et les échanges entre manifestants hier, quasiment dans toutes les villes où ils ont manifesté, sur le projet de loi sur les hydrocarbures pour se convaincre que leur conscience politique n’est pas une vue de l’esprit. Les Algériens savent ce qu’ils veulent et ce qu’ils ne veulent pas. Et comme ils sont désormais dans la rue, ensemble, épaule contre épaule, ils ont aussi conscience, pour la première fois, de porter en eux la force de forger le destin de leur pays. C’est cette force qu’ils font valoir depuis près de huit mois. Et qui donne autant de résilience au mouvement du 22 février.  


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