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editorial / ACTUALITÉS

La main des clans

“Il n’y a pas de lutte de clans au sein du pouvoir”, nous a assuré Ahmed Ouyahia, hier. Et si lui-même, en sa qualité de Premier ministre, fait l’objet de critiques et d’attaques publiques de la part de son “allié” Ould Abbes qui affirme ouvertement l’avoir mis sous étroite surveillance, c’est juste parce que celui-ci manquerait de loyauté ! Autant que Chakib Khelil manquerait, à ses yeux, de gratitude à son égard, puisque lui, par contre, avait défendu “vaillamment” l’ex-ministre de l’Énergie quand on le disait impliqué dans quelques affaires de corruption.
Les luttes de clans au sein du pouvoir en Algérie sont une donnée historique établie, dont l’origine remonte au Mouvement national. Elles se sont poursuivies, voire exacerbées, après l’indépendance, y compris sous l’ère du parti unique. Quiconque ayant lu les Mémoires de ces nombreux dirigeants algériens, décédés ou encore en vie, qui ont tenu à en témoigner, sait que la lutte des clans a toujours rythmé la vie politique en Algérie. M. Ouyahia ne serait-il donc pas porté sur ce genre de lecture ? Il faut le croire car, sinon, il saurait qu’il n’avait pas la moindre chance de faire avaler une telle couleuvre.
Quoi de mieux, d’ailleurs, que l’affaire Chakib Khelil, pour faire la démonstration de l’existence de ces luttes de clans ? Cet ex-ministre, qui avait eu maille à partir avec la justice, avait fait l’objet d’un mandat d’arrêt, alors qu’il se trouvait à l’étranger. Mais le voilà rentré au pays, libre de ses mouvements, hantant les plateaux de télévision et se permettant même de critiquer librement Ouyahia, sa gouvernance et son parti. Au reste, M. Khelil en personne avait déclaré qu’il était ciblé parce qu’il faisait partie du “clan présidentiel”.  
Quoi de mieux encore que cet interminable blocage du projet d’investissement de Cevital à Béjaïa pour attester que le clanisme dans les sphères du pouvoir est toujours de mise ? Hier, M. Ouyahia s’en est lavé les mains en rejetant la balle au ministre des Transports qui, lui, avait déjà fait de même lorsqu’il affirmait que le dossier était aux mains du Premier ministre ! Notons que ni l’un ni l’autre n’a avancé le moindre argument pour justifier l’attitude du DG du port de Béjaïa et que, pour autant, le projet de Cevital reste toujours bloqué !
Toujours prompts à dénoncer “la main de l’étranger”, à tout va, et plutôt à tort qu’à raison, nos dirigeants n’évoquent la main des clans, pourtant beaucoup plus réelle et plus nuisible au pays, que lorsqu’ils en sont eux-mêmes les victimes. Ou alors lorsqu’ils ont la certitude que leur avenir est… derrière eux. Manifestement, ce n’est pas encore le cas pour Ouyahia. Du moins, le croit-il. Car il semble bien que ce n’est pas l’avis de M. Ould Abbes…


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