Scroll To Top
FLASH
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

editorial / ACTUALITÉS

La manœuvre au moyen d’instruments usés

Après l’emprisonnement de manifestants brandissant l’emblème de l’amazighité, voilà des interpellations pour port d’une casquette, d’un tricot ou de tout autre vêtement ayant ces “couleurs suspectes” que sont devenus le bleu, le vert et le jaune réunis. Surtout si ledit vêtement est frappé de cette lettre “yaz” de l’alphabet tifinagh. Cette lettre, symbole de la force de l’humain en quête de liberté, qu’une notoire députée-délinquante-politique avérée et au racisme déclaré appelle “la fourchette”, comme pour nous rappeler son penchant permanent pour la bouffe à la table des seigneurs occasionnels.  
Elles avaient donc bien raison, toutes ces voix qui s’étaient élevées, au lendemain du vendredi 21 juin, contre l’interdiction du drapeau amazigh dans les manifestations. Beaucoup, en effet, y ont vu le début d’une dérive dangereuse pouvant donner lieu à d’autres dérapages, autrement plus graves et aux conséquences désastreuses pour la cohésion nationale. Les craintes de ceux qui avaient averti contre une telle mesure se sont amplement vérifiées en ce 19e vendredi de mobilisation populaire : il n’est plus question d’interdire seulement l’exhibition de tout emblème “autre que le drapeau national”, mais d’arrêter et de mettre en détention tout manifestant portant un quelconque signe de l’identité amazighe pourtant reconnue dans la Constitution algérienne ! La dérive est totale, absolue. À telle enseigne qu’hier, à Alger, beaucoup de policiers, dit-on, ont préféré détourner le regard de ces nouveaux “objets de délit”, faisant mine de n’avoir rien vu, pour ne pas accomplir une besogne dont ils ne sont pas convaincus. Et c’est un autre signe que la chasse à l’emblème amazigh risque de se muer en traque périlleuse. À tel point, aussi, que dans beaucoup de villes, des juges ont purement et simplement relaxé les porteurs du drapeau amazigh arrêtés car n’ayant rien trouvé à retenir légalement contre eux. Comme la plupart des observateurs, analystes et acteurs politiques, les Algériens ont, dans leur écrasante majorité, parfaitement compris que cette chasse à l’emblème amazigh, dans la conjoncture d’aujourd’hui, n’est pas dénuée d’arrière-pensées. 
Ils en mesurent les risques avec justesse et perspicacité, et c’est ainsi qu’ils ont su y répondre, deux vendredis de suite : on ne leur enlèvera pas leur éveil, ni encore leur unité. Ils le clameront encore plus fort ce vendredi, à l’occasion de la fête de l’Indépendance qui est aussi, il faut bien le noter, celle de la Jeunesse, colonne vertébrale de la révolution citoyenne. Tant pis pour ceux qui croient qu’ils peuvent encore jouer de ces instruments usés dont s’est servi le système politique jusqu’à provoquer sa propre ruine.

 


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER