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editorial / ACTUALITÉS

La méthode a tué le discours

Le chef de l’État, toujours en exercice malgré l’expiration de son intérim de 90 jours le 9 juillet dernier, a visiblement de la peine à donner corps à son projet de dialogue politique en vue de l’élection présidentielle, la solution exclusive retenue par le pouvoir pour une sortie de crise. Dix jours après son dernier discours à la nation où il a renouvelé son offre de dialogue assortie d’un engagement à maintenir l’État, y compris l’armée, en dehors de la concertation, rien de tangible n’est venu rassurer Abdelkader Bensalah quant à la viabilité de l’option choisie pour un retour à la normalité institutionnelle. Les échos à son appel sont plutôt faibles, voire inaudibles. Même les partis et les quelques personnalités qu’il pensait apprivoisables montrent des réticences à lui apporter un soutien inconditionnel. 
Ceux-là, même s’ils partagent avec le pouvoir, il est vrai, le choix de la solution électorale à la crise politique, l’élection présidentielle, en somme, ne s’empêchent pas cependant de poser des préalables. “Une élection présidentielle oui, mais pas à n’importe quel prix”, précisent-ils, comme pour dire que leur adhésion à la même perspective ne signifie pas caution absolue du procédé retenu pour y parvenir. À l’extrême, leurs réticences valent même dénonciation de la méthode avec laquelle le pouvoir tente d’imposer sa feuille de route : le coup de force. Raisonnée, fort probablement, sinon sûrement, comme un moyen de diviser le mouvement du 22 février, à défaut de l’étouffer, la répression ordonnée et vite exécutée à l’encontre des Algériens qui manifestent dans la rue, les vendredis et les autres jours de la semaine, avec l’emblème amazigh, s’est avérée contreproductive. Non seulement elle n’a pas affaibli la mobilisation populaire mais elle a également induit un rétrécissement du cercle des acteurs disponibles pour le dialogue. 
C’est en somme la méthode qui a tué le discours qui, au demeurant, n’avait déjà pas trop de quoi convaincre. En renouvelant les tentatives de passage en force envers et contre la volonté du peuple mais aussi malgré les signes patents qui la vouent à l’échec, le pouvoir s’enfonce dans l’impasse. Et plus il s’enfonce, plus il voit diminuer les possibilités d’en sortir. Car, contrairement aux années passées où il pouvait compter sur ses béquilles partisanes et ses oligarques, aujourd’hui, il est seul. Tellement isolé qu’il se risque à des liaisons peu rassurantes avec le courant islamo-conservateur. La preuve nous est venue de l’APN. 

 


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