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editorial / ACTUALITÉS

La mise en scène

Le bon roi et le méchant vizir. C’est, immanquablement, à cette fable que fait penser le comique de la situation qui a vu le chef de l’État et son Premier ministre camper chacun un rôle dans ce feuilleton de la loi de finances complémentaire 2018. Le vaudeville aurait été peut-être de bon goût, s’il n’avait pas poussé le suspense jusqu’à éprouver les nerfs des Algériens. Mais, a posteriori, on comprend que pour réussir la mise en scène, il fallait à l’un et à l’autre, à l’un plus qu’à l’autre, tenter de faire plus vrai que nature, autant que faire se peut. Ouyahia, à qui il ne déplaît pas d’être impopulaire — ne s’est-il pas revendiqué un jour homme des sales besognes ? — a joué son rôle à merveille, sans rien laisser paraître qui aurait fait douter de ce qui se tramait en arrière-fond. Pour susciter controverses autour de sa copie, son gouvernement s’y est plutôt bien pris, en misant sur les propositions les plus à même de soulever un tollé général : la concession des terres agricoles aux étrangers et, il fallait bien la trouver celle-là, la surtaxation des documents biométriques, y compris la carte nationale d’Identité (CNI). Ça n’a d’ailleurs pas raté. Le brouillon de la LFC 2018, qui sans doute a fuité à ce dessein, a provoqué une avalanche de réactions les unes aussi virulentes que les autres.
L’État, auquel collait déjà l’attribut de rentier, est qualifié d’État commerçant qui veut s’offrir des dividendes sonnants et trébuchants en calculant des marges bénéficiaires sur les documents administratifs délivrés aux citoyens. Le Premier ministre, comme pour ajouter à la provocation, a fait le nécessaire pour que cela se sache. C’est dans l’explication du texte qu’il a publié sur le portail du Premier ministère. C’était fort de café. Dès lors, la démarche est suspectée d’une arrière-pensée politique. À raison, puisqu’il est permis d’affirmer, à présent que l’acte est joué, que tout est fait, de concert, pour que Bouteflika, qui est intervenu plus d’une fois de la sorte, durant son quatrième mandat, puisse paraître dans le beau rôle.
Il l’a fait, on s’en rappelle, pour les retraites, la deuxième session du bac, la grève du Cnapeste, la fameuse tripartite sur le PPP, pour ne citer que ces quelques interventions. Faisant cela, il ne chercherait certainement pas à vaincre une oisiveté pesante. Cela procède d’un calcul. En l’espèce, il ne peut être qu’électoraliste. La générosité et la bonté des gestes sont censées compenser l’absence d’une expression directe et l’incapacité à mener campagne.


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1 réactions
Fraternity le 07/06/2018 à 13h02

Il s'agit de manipulations et de fuites organisées par l'entourage directe de TAB JNANOU; Son frère Said Bouteflika et le sergent fidèle Kaid Salah, pour faire apparaître en vie, un président démuni totalement de ses facultés physiques et intellectuelles. Ces pratiques de " culte à la personne" qui évoluent à un rythme effréné, depuis sa déclaration officieuse pour un 5éme mandat présidentiel, démontrent la faillite de l'Etat et de ses institutions.

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