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editorial / ACTUALITÉS

La nature du régime… revient au galop

Face à des étudiants qui manifestent pour revendiquer une promotion de tamazight qui soit à la hauteur de son statut de langue officielle, pourtant reconnu, du moins formellement, le pouvoir a encore usé de la matraque. Comme au bon vieux temps où cette langue était interdite de cité, voire franchement combattue et ses défenseurs jetés dans les geôles de Lambèse et de Berrouaghia et traînés devant la fameuse Cour de sûreté de l’État. C’est dire que pour tamazight, tout n’est pas réglé, comme nous l’écrivions dans notre édition d’hier.
Ces milliers d’étudiants et de lycéens qui ont déserté les amphis et les salles de cours, ces derniers jours, pour battre le pavé comme leurs aînés, il y a dix, vingt, trente ou quarante ans, l’avaient sans doute bien compris : au lendemain même de l’inscription de tamazight dans la Constitution comme langue officielle, il y avait des raisons de douter des intentions du pouvoir politique.
Cette officialisation sentait l’esbroufe à mille lieues, en effet. Qualifiée dans le préambule de “composante fondamentale” de notre histoire et de notre identité, et hissée, à ce titre, au rang de langue officielle dans l’article 4 de la Constitution, tamazight n’était pas citée dans l’article 212 qui définissait les principes auxquels aucune révision constitutionnelle future ne pourrait “porter atteinte”. Voilà qui, déjà, ne protégeait pas tamazight contre une remise en cause des avancées acquises au prix que l’on sait. Et voilà qui, du coup, autorisait toutes les suspicions. Surtout, lorsqu’on se rappelle cette sentence de Bouteflika qui avait juré publiquement, en 1999, que cette langue “ne sera jamais officielle”.
Quand, en plus, on constate que rien n’est entrepris pour que, dans la pratique, la langue soit élevée au rang de son statut, il suffit alors d’une goutte pour faire déborder le vase. Laquelle goutte est venue sous la forme d’un rejet d’un amendement favorable à la promotion de tamazight. C’est dire, encore une fois, que tout, dans ce dossier, n’est pas en règle, comme en témoignent, d’un côté, ce retour des défenseurs de cette cause — juste et indiscutable - aux manifestations de rue et, de l’autre, cette riposte répressive du pouvoir politique.
Ce nouvel épisode dans la gestion politique de ce dossier n’est, toutefois, pas dénué d’enseignement : c’est la nature du régime qui fait obstacle à la satisfaction des revendications démocratiques en Algérie, dont celle portant sur le développement et l’épanouissement de tamazight. Et, au regard de sa nature même, le régime aura toujours besoin de la matraque. Il en usera, donc, jusqu’à ce que (sa) mort s’ensuive, la matraque n’ayant jamais sauvé aucun régime de cette nature.


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