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editorial / ACTUALITÉS

La République des copains

Pratiques discriminatoires, mesures d’iniquité, blocage sélectif… les formules employées par Abderrahmane Achaïbou, un concessionnaire automobile bien connu sur la place depuis une vingtaine d’années, dans sa lettre ouverte au président de la République, constituent un véritable cri d’alarme sur ce que sont devenues, aujourd’hui, les institutions de la République. L’administration, censée être au service de la collectivité nationale et de toutes les forces susceptibles de contribuer à l’essor de l’économie, s’est transformée, au gré de l’impunité ambiante, en instrument au profit des copains. Et des seuls copains. On savait, depuis longtemps, que le système était ainsi édifié, clientélisme et népotisme étant les soubassements de cette aberrante construction. Mais de là à ce que les choses se passent de manière si grossière et ostentatoire, c’est que le mal au sein des institutions est si profond qu’il y a vraiment lieu de s’en inquiéter. Comment un ministre de la République peut-il ainsi se muer presque en chef de clan pour servir ses proches ou ceux qui obéissent aux “recommandations” et, a contrario, se montrer arrogant, voire méprisant, à l’égard de tous ceux qui ne rentrent pas dans le “moule” ? C’est que, comme dirait l’illustre Shakespeare, il devrait y avoir quelque chose de très pourri au royaume d’Algérie. Le favoritisme dont se plaint, aujourd’hui, Achaïbou, n’est pas l’apanage d’un seul ministre ou d’un seul haut responsable. C’est la marque de fabrique d’un système qui s’est construit sur le népotisme et qui a fait de l’arbitraire le principal outil de gestion de la société. En effet, le responsable incriminé par le concessionnaire n’aurait jamais agi ainsi s’il ne s’était vraiment pas senti protégé par quelque ponte du système. On garde en mémoire l’inexplicable traitement réservé par le même Bouchouareb, alors ministre de l’Industrie, au patron de Cevital, à l’hôtel El-Aurassi, en présence d’hommes d’affaires et de représentants du gouvernement britannique. On ne sait pas si les commanditaires et les exécutants de cette forfaiture, qui s’est déroulée sous le regard médusé d’étrangers, mesuraient le mal qui était ainsi fait à l’Algérie. Mais cela était-il important à leurs yeux, eux qui n’étaient mus que par le désir de mettre à l’écart un industriel reconnu mondialement pour favoriser des parvenus ? Tout compte fait, le ministre en question n’est plus en poste, mais le favoritisme qu’il a contribué à entretenir est toujours là. Le blocage par le port de Béjaïa des équipements destinés à une usine de Cevital n’en est-il pas la preuve la plus éclatante ?


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