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editorial / ACTUALITÉS

La rue, toujours confisquée

La cause palestinienne a eu droit à la solidarité algérienne. Des meetings ont été organisés hier dans plusieurs wilayas du pays pour dénoncer la décision du président américain Donald Trump de reconnaître Al-Qods capitale d’Israël. Des manifestations, cependant, qui ont toutes eu lieu dans des espaces fermés, la rue étant toujours interdite et, apparemment, pour encore longtemps, à l’expression populaire.  Aucune cause n’y a droit, visiblement, pas même celle palestinienne frisant le sacré et dont les pouvoirs successifs en Algérie ont pourtant érigé le soutien en principe immuable. Mais c’est assurément la mort dans l’âme que les autorités ont décrété le huis clos pour cette solidarité avec  Al-Qods. Elles l’ont fait par peur de devoir par la suite libérer la rue pour les partis politiques, les syndicats, les associations, en un mot pour les forces agissantes de la société lesquelles ont plus d’un motif pour battre le pavé. Car, si les Algériens étaient autorisés à marcher pour la Palestine, ils devraient aussi l’être lorsqu’ils voudraient le faire pour d’autres causes. Or, le pouvoir, pour des considérations fondamentalement politiques et accessoirement sécuritaires, n’est pas près de libérer la rue. Celle-là lui rapporte plus qu’elle lui en coûte : la mesure, arbitraire, décrétée depuis juin 2001, l’expose aux critiques et, donc, ternit son image mais en même temps elle le sert puisqu’elle empêche l’émancipation des forces de l’opposition, partis, syndicats et associations, qui sont ainsi sevrés d’un vecteur d’expression et d’un cadre important de mobilisation. Le pouvoir a également ordonné ce huis clos pour couper l’herbe sous le pied des courants islamistes, dont les salafistes, qui ont réfléchi à voix haute, dans les mosquées notamment, de défier l’autorité publique et de battre le pavé, comme dans un élan spontané au sortir d’une prière. En autorisant des rassemblements dans des salles, le pouvoir aura réussi la solidarité avec Al-Qods — qu’il a soustraite aux organisations satellitaires — tout en sevrant les autres d’initiatives qu’il ne pouvait pas contrôler.


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