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editorial / ACTUALITÉS

Le bluff a fait flop !

En concédant un statut de langue officielle à tamazight dans la Constitution amendée de 2016, le pouvoir croyait s’être débarrassé une fois pour toutes et, définitivement, d’une revendication qui l’indispose, portée et exprimée inlassablement par des millions d’Algériens. Les marches grandioses, hier, en Kabylie, en réaction au refus de la majorité parlementaire, acquise au pouvoir, de retenir un amendement portant sur la promotion de cette langue ancestrale, l’invitent à prendre acte qu’il n’en est rien. Absolument rien. Cette mobilisation que ni les répressions féroces ni les manœuvres sordides n’ont pu altérer dénote d’une chose : tamazight n’est pas une “cause discutable”. C’est une vraie et juste cause. C’est même la cause pour des millions d’Algériens. Que des militants poussent parfois l’engagement jusqu’à s’engluer dans les marécages de l’extrémisme ne diminue en rien de sa justesse. N’est pas bon greffon, en tout cas, tout ce qui pousse dans le sillage de cette question qui reste d’essence foncièrement démocratique. Surtout pas les forces qui viennent s’y intéresser alors qu’elles ne sont pas connues pour leur sensibilité pour cette cause. Mais toujours heureux qu’elles aient pu exprimer une position affranchie du dogme ou de l’intérêt politique qui ont fait d’elles des ennemies de la question amazighe pendant de longues années. Il faut en prendre acte. C’est, en la circonstance, important de noter ce basculement de forces jadis hostiles, car il constitue la preuve, si besoin est, que le pouvoir a lamentablement échoué dans sa manœuvre : celle de contenter les voix revendiquant un réel statut pour tamazight à travers un simple artifice constitutionnel. C’est tellement flagrant, pour ne pas dire grossier, qu’il est devenu difficile y compris pour les habitués du dithyrambe de se faire l’avocat du pouvoir. Deux ans après l’amendement de la Constitution, rien n’est venu traduire sur le terrain de la pratique le statut de langue officielle conféré à tamazight. L’enseignement est resté facultatif et circonscrit aux seules régions berbérophones, pour ne pas dire kabylophones, les actes administratifs, qui tolèrent, parfois, l’usage du français, sont exclusivement en arabe. Quant à l’académie de la langue amazighe, promise dans la loi fondamentale, les autorités ne se sont pas empressées de la créer. Avaient-elles réellement à l’idée de le faire ? Au train où les choses sont allées concernant la mise en application de la disposition constitutionnelle relative à tamazight, le doute est permis.


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1 réactions
Fraternity le 12/12/2017 à 14h20

Le pouvoir, par ce que il est illégitime, continuera à bafouer ses propres lois et promesses et a produire des mêmes slogans, pour la paix civile.Il continuera, parce que il est étranger aux aspirations populaires,à remuer ses slogans pour la consommation locale; simplement, Il ne consomme pas les mêmes produits que nous. Il enseignera pas à ses enfants les mêmes langues que nous. Il ne séjournera pas dans les mêmes hôpitaux que nous. Pour lui Tamazight n'est d'autre que du Folklore !!

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