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editorial / ACTUALITÉS

Le challenge de Macron

Une “relation nouvelle” entre la France et l’Afrique. Une relation “repensée à la bonne échelle” qui ne soit pas bâtie, d’un côté, sur “l’arrogance d’une politique africaine de la France, uniforme face à 54 pays” et, de l’autre, sur “une approche bêtement postcoloniale”. Voilà, résumée, la “révolution” que le président français Emmanuel Macron veut opérer pour rompre avec les standards d’une France-Afrique qui durent depuis plus d’un demi-siècle. L’idée d’une telle rupture, portée par le nouveau patron de l’Élysée et exprimée hier à Ouagadougou, n’est pas nouvelle. Portée tout autant, du moins dans les discours, par les derniers présidents français qui se sont succédé, de Mitterrand à Hollande en passant par Chirac et Sarkozy, elle ne connut jamais de début de concrétisation dans la réalité.
Cette fois sera-t-elle la bonne ? Pour beaucoup encore, en Afrique, il ne faut pas se faire d’illusions : la France a toujours privilégié ses intérêts immédiats et continuera à le faire, quitte à reproduire les mêmes “interférences politiques” qui ne sont pas étrangères à la mauvaise gouvernance dans nombre de pays africains, souvent livrés à la corruption et indéfiniment empêchés d’engager une transition démocratique salutaire. Le soutien de Paris à des régimes dictatoriaux en Afrique est depuis longtemps un secret de Polichinelle et l’accueil réservé hier à M. Macron à Ouagadougou en dit assez long sur le ressentiment des peuples de ce continent.
Mais Emmanuel Macron, y compris pour ce qui relève de dossiers franco-français, se fait d’abord un point d’honneur à ne plus rien faire selon les vieilles recettes du Vieux Monde. Convaincu que la France elle-même a changé, il se propose donc d’être en phase avec ce changement, y compris en matière de relations internationales. D’autant qu’en l’état actuel du monde et particulièrement de l’Afrique, les intérêts de la France doivent être défendus et promus autrement que par les méthodes du passé.  Il s’agit d’un challenge, et pour le réaliser, le président français peut compter, en Afrique, sur des peuples en attente d’émancipation et une jeunesse ouverte sur l’universalité qui, bien que consciente des crimes et des ravages multiformes de la colonisation, n’est pas forcément arc-boutée sur cette “logique bêtement postcoloniale” qu’il semble appréhender comme un obstacle à sa démarche. Mais il peut buter, en France même, sur des résistances, non pas du Vieux Monde de gauche ou de droite qui semble avoir perdu pied dans l’Hexagone, mais du vieux système français — il y en a un en France aussi — qui, lui, est à la fois de gauche et de droite et n’a peut-être pas rendu son dernier souffle.


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