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editorial / ACTUALITÉS

Le filon

La Turquie tend à devenir une destination touristique de choix pour de nombreux Algériens. Elle tend à le devenir aussi pour les trafiquants de devises. Si ce n’est déjà le cas. Car, les importantes sommes saisies sur des voyageurs à destination d’Istanbul, dans plusieurs tentatives de transferts illicites de devises, laisse supposer qu’une filière s’y est véritablement constituée. Rein que durant l’été, pas moins de 6 millions d’euros ont été saisis par la police des frontières et les douanes. Ce trafic inquiète. Il inquiète à la fois par l’ampleur qu’il semble avoir pris et par l’audace des cambistes et des passeurs qui “tentent le coup”, comme on dit, avec des sacs, sinon des valises pleines de billets. La récurrence de tentatives de faire sortir illégalement des devises vers la Turquie soulève également la question des complicités dont les trafiquants pourraient éventuellement bénéficier au niveau des aéroports de sortie et d’arrivée.
Pour tenter de faire sortir clandestinement d’un coup des dizaines de milliers de billets, il faut être, soit dingue, soit rassuré par rapport au risque encouru. Et comme on sait que les trafiquants sont tout, sauf des aliénés, nul doute alors qu’ils sont parvenus à faire des failles  dans le filet sécuritaire. L’ampleur du trafic, dévoilée par les dernières saisies dans les aéroports d’Alger et de Constantine, renseigne aussi sur la puissance des cambistes, dont la force, la richesse et, donc, les réseaux, ont été bâtis à l’ombre de la passivité complice des autorités.  
Au square Port-Saïd, au cœur d’Alger, le change parallèle de devises est une activité qui s’exerce en plein jour, au vu et au su de tout le monde. Le gouvernement a laissé faire, jugeant, pour paraphraser l’ancien ministre de l’Intérieur Daho Ould Kablia, que quand bien illicite, ce commerce est une activité nécessaire. La déclaration du ministre valait tous les registres du commerce. Dès lors que c’était dit ainsi, le trafic ne pouvait que fleurir. Importateurs, vacanciers, pèlerins, malades désireux de se faire soigner à l’étranger… s’approvisionnaient en devises au square. Ce commerce, juteux, s’est adapté, au fil des ans, aux mœurs des Algériens. Le change parallèle de devises a ouvert des places “boursières” dans les pays vers lesquels affluents les Algériens… dans les pays d’où ils importent le plus mais aussi où ils ont tendance de plus en plus à s’établir. Parmi ces pays, il va sans dire, la Turquie.


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