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editorial / ACTUALITÉS

Le gage de sincérité

Tamazight est consacrée langue officielle dans la loi fondamentale du pays, la Constitution, depuis février 2016. Un déni a été réparé. Tant mieux, même si d’aucuns parmi les militants les plus engagés pour cette juste cause n’ont pas pu dépasser totalement leur scepticisme quant à la volonté du pouvoir de promouvoir le champ linguistique national. Des doutes nourris, faut-il en faire le rappel, par l’hésitation, par trop évidente, des concepteurs et des artisans de l’amendement constitutionnel à faire de la langue amazighe l’équivalent, au plan du statut, de la langue arabe. Une hésitation, par trop évidente, parce qu’il n’est pas disposé illico et définitivement que tamazight est langue officielle, mais qu’elle le serait quand les conditions pour un tel statut seront réunies. Dès lors que le statut est fonction d’autres paramètres, l’engagement devient conséquemment aléatoire. Si aléatoire d’ailleurs que des voix nombreuses ne cessent de s’élever pour demander des gages de la sincérité du pouvoir quant à la promotion de tamazight. Et quel meilleur gage que de réclamer le caractère obligatoire et généralisé  pour l’enseignement de cette langue. Un enseignement confiné depuis 23 ans, il importe de le souligner dans le statut précaire d’enseignement facultatif. Un statut qui, s’il venait à perdurer, ne pourrait jamais imprimer le rythme qu’il faut pour la réunion des conditions nécessaires à la concrétisation et à la jouissance de l’officialité promise.
C’est d’autant plus vrai mais surtout urgent de faire sa pleine place à tamazight dans les cursus et programmes scolaires car la menace est là, véhiculée par les technologies qui évoluent rapidement. Des technologies qui, par les flux d’informations qu’elles font parvenir  jusqu’aux plus reculées des chaumières, ne favorisent pas les survivances des langues qui ont survécu grâce à l’oralité et à la résilience des locuteurs. Les militants de l’amazighité, qui ont toujours fini par se rendre à la lucidité qu’il faut pour garder le bon cap dans les moments d’incertitude, l’ont bien compris. Et ils ne se privent pas de le faire noter. La balle est dans le camp du pouvoir. C’est à lui qu’il revient de convaincre de sa sincérité.


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