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editorial / ACTUALITÉS

Le hirak n’est pas une page à tourner


Nouveau gouvernement, libération d’une partie des détenus d’opinion. C’est, en gros, le bilan du nouveau chef de l’État, trois semaines après son arrivée au Palais d’El-Mouradia. Trois semaines, c’est sûrement trop court pour se faire une idée précise quant aux intentions d’un responsable politique de ce niveau. Mais les premiers actes présidentiels, chez nous comme sous d’autres cieux, sont toujours scrutés avec un intérêt particulier, tant ils peuvent renseigner, dans une large mesure, sur l’orientation générale et la consistance de la gouvernance dans les prochains mois. 
Quels enseignements peut-on donc tirer, à ce stade, de la composante du premier gouvernement Tebboune et de cette première “mesure d’apaisement” qui a consisté en la libération d’une vague de détenus d’opinion ? Le chef de l’État semble avoir composé son équipe ministérielle en veillant à satisfaire à deux critères essentiels : le gouvernement devait être à dominante technocrate au vu des révisions urgentes à engager notamment dans le domaine économique et sa composante devait obéir à un savant dosage pour rassurer, à la fois, une opinion assoiffée de changement et des cercles de décision encore influents et toujours réfractaires à toute idée de rupture politique. Abdelmadjid Tebboune, comme tous ses prédécesseurs, semble donc contraint à gérer sous l’influence de deux forces contraires dont la résultante serait, cette fois encore, un “changement dans la continuité”. Le statu quo, autrement dit. 
Ce tiraillement s’exprime aussi, de manière non moins éloquente, dans la gestion frileuse imprimée jusqu’ici à la question des mesures de détente ou d’apaisement réclamées de tous bords depuis des mois, préconisées y compris par le fameux panel du dialogue et avalisées par Abdelkader Bensalah, alors chef de l’État par intérim. En maintenant dans leurs cellules des dizaines de détenus d’opinion, en reconduisant, ce vendredi encore, le “blocus” autour de la capitale pour empêcher les manifestants de s’y rendre, en exerçant un contrôle autoritaire sur les médias publics, le nouveau régime laisse craindre une volonté d’en finir avec le hirak.
Le hirak, pourtant, a montré qu’il n’est pas une page à tourner. Pour avoir révélé un malaise ancien, historique, mais encore très actuel et toujours aussi “crisogène”, pour avoir diagnostiqué le mal profond qui ronge ce pays, libéré les élites restées crédibles de leur torpeur, pour avoir rendu possible le rêve de liberté nourri par des générations entières, le mouvement du 22 février devrait, au contraire, servir de livre de chevet aux nouveaux responsables en charge des affaires publiques s’ils ont la volonté de remettre l’Algérie sur les rails. 


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