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editorial / ACTUALITÉS

Le syndicalisme, entre loi et politique

Appelé à la rescousse, au plus fort de la contestation syndicale dans le secteur de l’éducation, menée alors par les enseignants affiliés au Cnapeste, le ministre du Travail a fait ce que fait généralement un ministre dans un régime autoritaire : faire pleuvoir les sanctions administratives contre les organisations qui empêchent de gouverner en rond.
Plutôt que d’entreprendre une médiation, que toute situation de conflit recommande en premier lieu, au demeurant, Zemali et ses collaborateurs ont résolu de recourir à la punition. L’artifice juridique n’étant pas ce qu’il y a de plus difficile à trouver pour une administration qui centralise les données relatives à la syndicalisation dans le monde du travail, le département de Zemali a réclamé  des syndicats autonomes la preuve de leur représentativité.
La démarche, qui, au besoin, pourrait s’appuyer sur un argumentaire légal, puisé dans les textes en vigueur, reste suspecte d’arrière-fond politique. Il y a tout lieu de l’en suspecter, puisqu’elle n’est pas intervenue comme une opération ordinaire d’assainissement de fichiers, mais comme une réaction à des mouvements de grèves si forts et si longs qu’ils ont fini par mettre sérieusement à mal les pouvoirs publics.
Une réaction qui, plus est, se décline comme un acte de solidarité gouvernementale. La démarche est suspecte parce qu’aussi, le ministère du Travail, qui enregistre et délivre les agréments pour les syndicats, n’a pas fait montre de régularité dans le traitement des dossiers syndicaux, alors que la loi le lui recommande. L’on est en droit de supposer que s’il ne s’est pas montré rigoureux en la matière, c’est parce qu’il y avait besoin d’entretenir des clientèles dans l’univers syndical, comme c’est le cas dans la sphère partisane. C’est donc par un choix politique que des syndicats sans ancrage réel, voire sans structures ni adhérents, ont poursuivi d’exister légalement durant de très longues années et compter, au besoin, parmi les partenaires choyés des pouvoirs publics.
Il en va des syndicats, comme des partis politiques : ce n’est pas le défaut de représentativité qui vaut vraiment sanction, mais les rapports au pouvoir politique.


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