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editorial / ACTUALITÉS

Le système préfère l’allégeance à la compétence

De nos jours, cela arrive souvent, trop souvent même : nos ministres ou, du moins, certains d’entre eux, parlent aujourd’hui, dans leurs conférences et autres sorties médiatiques, comme le ferait un quidam dans un café ou un souk, même si, au café du coin et au souk, il y a de réelles chances d’entendre, quelquefois, s’exprimer la sagesse, la perspicacité, le bon sens, voire la culture, l’art et la science. Ce qui, d’ailleurs, constitue un motif d’optimisme dans cette Algérie où l’actualité invite plutôt au désespoir. Le constat est implacable et les exemples ne manquent pas pour étayer cette amère réalité que nos gouvernants abordent avec cette sorte de désinvolture inconsciente que trahissent leurs mots.
À son arrivée au pouvoir, en 1999, Bouteflika disait des ministres qu’il avait trouvés en place qu’ils n’avaient “pas la stature d’homme d’État” et qu’ils étaient “à peine qualifiés pour être des chefs de service”. Disons-le sans détour : ils n’avaient, pour la plupart, rien à envier à ceux d’aujourd’hui. Quatre mandats présidentiels plus loin, on peut même regretter que certains d’entre eux aient laissé place à cette nouvelle vague de ministres gaffeurs, sachant que quelques-unes de leurs boulettes, si elles avaient été commises ailleurs, auraient instantanément conduit à leur éviction pure et simple.  
Mais comment en est-on arrivé là ? Telle est donc la question. Nos ministres se laissent-ils aller ainsi à des propos de hammam parce que, désormais, on entre au gouvernement “comme on entre dans un moulin” ? L’explication est tentante, mais elle serait injuste envers certains et certainement trop expéditive. Il y a au gouvernement autant de brillants universitaires qui auraient pu être plus utiles ailleurs que de gens trop ordinaires qui n’auraient jamais dû y faire leur entrée. Mais les premiers comme les seconds ont ceci de commun : ils ont été choisis non pas pour leurs compétences, mais pour leurs capacités à s’adapter aux exigences d’une feuille de route arrêtée à l’avance. Au besoin, on les initie, on les forme, puis on confirme les plus aptes à la “mission”, on éjecte les autres, ceux qui, par éthique, hésitent à s’enfoncer dans l’abîme des convenances du système. On escompte donc le même apport du mieux armé intellectuellement que du plus médiocre. Quand une compétence y arrive, comme par intrusion parce qu’autorisée par la quête d’un savoir-faire technocratique, elle est sommée de s’effacer au nom de ce nivellement par le bas systématisé pour avoir fait ses preuves comme instrument d’encouragement de l’allégeance. Cela ne va pas sans ces gaffes et le discrédit qu’elles induisent.


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