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editorial / ACTUALITÉS

L’effet contraire de la répression

Les médecins résidents n’entendent pas encaisser le coup (les coups) et se taire. Leur mouvement de protestation, initié pour faire valoir des revendications légitimes liées notamment à leur statut, a trouvé un second souffle, suite à la répression féroce dont la police a usé (abusé) mercredi dernier à l’encontre des résidents de l’hôpital Mustapha-Pacha à Alger. Il est même porteur de risque de radicalisation, tant est grave ce qui s’est produit dans la capitale. L’usage de la matraque à l’encontre de médecins “armés” seulement de leur stéthoscope reste une violence injustifiable. En tout cas, pas du point de vue de la sécurité. Car, quel qu’en aurait été leur nombre, les médecins résidents ne pouvaient constituer une menace à l’ordre public. Nul doute que ce n’est pas dans leur vocation, au demeurant. Ceux qui ont décidé et ordonné la répression le savent, assurément, mais cela ne les a pas dissuadés d’agir comme ils l’ont fait, prenant d’ailleurs le risque d’amplifier, malgré eux, une mobilisation qui, comme toute action inscrite dans la durée, aurait pu faiblir du fait de l’érosion du temps. Si la police a été autorisée, pour ne pas dire instruite, d’employer la manière forte pour contenir les blouses blanches et les cantonner dans l’enceinte du CHU Mustapha-Pacha, c’est qu’il reste toujours interdit de manifester dans l’espace public, à Alger. Mais pas seulement. La violence de la répression s’est probablement voulue aussi comme une action destinée à dissuader toute autre velléité de marche. Et des velléités, il doit y en avoir, puisque les motifs ne manquent pas. La situation du pays, au double plan économique et social, déjà propice à la contestation, est partie pour l’être davantage, à présent que sont entrées en application les mesures d’austérité édictées dans le cadre de la loi de finances 2018. Ce qui fait de janvier un mois redouté, en tout cas appréhendé par les autorités comme une période des cumulus et des tonnerres sociaux, voire également politiques. Les autorités, échaudées, fort sûrement, des émeutes de janvier 2011 qui ont surpris par leur force et la vitesse de leur propagation, ont usé de la répression contre les médecins comme d’un châtiment pour l’exemple, pour décourager tous ceux qui auraient l’idée de vouloir battre le pavé dans la capitale, cité interdite aux manifestants depuis 17 ans maintenant. Et ce n’est pas à l’approche de la présidentielle de 2019 qu’elle verra son “statut” évoluer. Ce n’est pas dans la volonté d’un pouvoir paniqué.


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