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editorial / ACTUALITÉS

Les alliés et leur trésor de guerre

C’est une première à laquelle nul ne pouvait s’attendre : hier, des sénateurs du FLN, du RND et du tiers présidentiel ont boycotté la cérémonie d’ouverture de la session parlementaire ! À première vue, le fait est plus que surprenant car il émane de représentants des deux partis du pouvoir et de ceux désignés par le chef de l’État en personne. Des sénateurs, en somme, dont le soutien au gouvernement et au pouvoir politique n’a jamais été démenti. Mais l’étonnement s’estompe et laisse place à la “compréhension” lorsqu’on découvre le motif de cette “rébellion” : il s’agissait d’exprimer leur solidarité avec un de leurs collègues, sénateur du RND, désormais exclu par son parti et actuellement détenu pour avoir été pris en flagrant délit de corruption. Et de dénoncer une supposée “machination” dont le mis en cause aurait été victime. Il est vrai que ce membre du Conseil de la nation est tombé, dit-on, dans une souricière tendue par les services de sécurité à Tipasa et c’est sans doute cela qu’ils veulent présenter comme un complot ourdi contre lui. Et, par-delà le soutien qu’ils expriment ainsi à leur pair, ils expliquent aussi leur action par le souci de préserver le pouvoir législatif contre l’hégémonie de l’Exécutif. Et c’est là la plus grande surprise : des parlementaires dont l’élection même est sujette à caution et qui, de tout temps, ont applaudi et cautionné les mesures et décisions gouvernementales les plus détestables et les moins défendables se découvrent, comme par miracle, une sensibilité au principe de la séparation des pouvoirs, voire même un attachement militant à l’indépendance d’un Parlement devenu une parfaite incarnation d’un pouvoir législatif mort, qu’ils savent mort et dont la mort leur incombe au moins pour une bonne part.
Plutôt que la sauvegarde d’un pouvoir parlementaire formel et fictif, il s’agirait, plus vraisemblablement, de ne pas se taire face à un précédent qui risque de se reproduire et de concerner d’autres “élus”. Il leur faut donc perpétuer cette impunité qui leur était acquise et reconnue, au nom de l’immunité parlementaire et en contrepartie d’un soutien total et définitif à l’action du gouvernement et de leur silence face à d’autres faits de corruption impliquant d’autres responsables dans d’autres institutions. Ils revendiqueraient, en définitive, un partage équitable de l’impunité. Comme de bons alliés partageraient un trésor de guerre.
Mais qu’on ne s’y trompe pas : au-delà du caractère anecdotique et franchement comique de cette histoire, il sera intéressant d’en connaître les suites. À suivre, donc.


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