Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de 11h (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

editorial / ACTUALITÉS

Les limites d’une gouvernance

Après deux ans de mise en œuvre, le gouvernement Ouyahia a décidé de supprimer les licences d’importation. L’Exécutif reconnaît, enfin, que ce système de restriction a montré ses limites. La presse en 2016 et 2017 a attiré l’attention des responsables sur les graves insuffisances de ce mode de rationnement. Plusieurs experts à travers les médias avaient pourtant pointé du doigt l’opacité, la bureaucratie, la pénurie de produits et la flambée des prix, quatre conséquences négatives de la mise en œuvre du système des licence en Algérie. En vain. Après ces tâtonnements et tergiversations des pouvoirs publics en matière de commerce extérieur, voici que le ministre du Commerce reconnaît ces trois premières carences pour justifier la suppression des licences d’importation. Mais sans aller plus loin. La gestion du commerce extérieure restera administrative, tandis  que la mise en œuvre de la loi sur la normalisation, pourtant réclamée par la tripartie pour réduire les importations, ne figure pas à l’ordre du jour.
Mais comment expliquer ce revirement du gouvernement ? A-t-il cédé aux pressions de ses grands partenaires commerciaux ou tout simplement constaté les dégâts de cette politique ? Il aurait pourtant fallu évaluer ces deux ans de mise en œuvre des licences d’importation. Combien ont coûté au Trésor public ces interventions anarchiques sur les marchés extérieurs pour approvisionner le marché algérien à travers les licences. Un renchérissement sans doute des importations. Ce qui explique que la facture importation s’élèverait à 45 milliards de dollars en 2017, contre 46 milliards de dollars en 2016, alors que le gouvernement précédent tablait sur 35 milliards de dollars. Tout se passe comme avant : personne n’est comptable de ces erreurs de gestion qui coûtent gros au Trésor et qui pénalisent les citoyens à travers une détérioration de leur pouvoir d’achat.
Mais comme pour les licences d’importation, le recours à la planche à billets, le remède essentiel entre les mains du gouvernement Ouyahia pour faire face à la crise financière qui affecte le pays, a son revers : une probable hausse importante des prix, ou pis, une inflation à deux chiffres en 2018. Ce qui pourrait renvoyer dos à dos les deux gouvernements précités. Mais le plus inquiétant s’avère être ce risque d’érosion du pouvoir d’achat des Algériens qui pourrait compromettre la paix sociale si recherchée par le pouvoir à la veille de l’élection présidentielle.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER