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editorial / ACTUALITÉS

Lorsque l’atavisme se régénère

Longtemps pointé du doigt par les tenants du régime politique postindépendance qui n’ont eu de cesse de l’utiliser comme un facteur de division, la cause identitaire a réussi, le temps d’un Yennayer, à se hisser au rang de ciment irréfragable de l’algérianité. Il n’était pourtant pas évident pour le commun des Algériens d’intégrer, dans leur logiciel mémoriel, une composante identitaire autre que celle qu’on leur a inoculée des décennies durant. Pourtant, la façon avec laquelle ils se sont joints aux réjouissances qui ont accompagné la consécration par le pouvoir politique du Nouvel an amazigh, a démontré, si besoin est, une certaine prédisposition du peuple à se réapproprier sa propre histoire, malgré l’abominable propagande officielle. La communion identitaire a été totale. Du nord au sud, d’est en ouest, l’Algérien donne l’impression de s’être réconcilié de la manière la plus naturelle avec son identité plusieurs fois millénaires. Et si la population a spontanément adhéré à ce mouvement de l’histoire c’est que chez chaque Algérien sommeille un atavisme qui n’attendait qu’une opportunité pour se manifester. Une telle éclosion, les pionniers du combat pour la réappropriation identitaire l’attendaient avec impatience. Ils avaient bravé la dictature dans ses moments les plus sombres. Ils ont récolté la torture, les geôles, la mort, mais, au bout, leur sacrifice n’aura pas été vain. Ils étaient convaincus que leur cause était juste. Le temps leur a donné raison. La pensée aujourd’hui va à toutes ces femmes et tous ces hommes qui n’ont jamais plié devant l’arbitraire auquel ils ont été soumis depuis longtemps. Tout comme la crise dite berbère de 1949, le Printemps berbère d’avril 1980, le boycott du cartable de 1994-95, le Printemps noir de 2001, Yennayer 2018, on s’en souviendra pour longtemps, aura été un autre tournant historique dans le long cheminement du combat identitaire, tant sa consécration officielle a donné lieu à une fantastique ferveur populaire qui réconcilie l’Algérien avec lui-même. L’évènement a presque pris la dimension d’une libération nationale où toutes les régions du pays, à l’unisson, se sont jointes aux festivités comme pour revendiquer, chacune à sa manière, sa part de l’héritage patrimonial ancestral. C’est une bataille de gagnée à mettre dans l’escarcelle de tous les militants de la cause, des plus anciens aux plus jeunes. Car le chemin pour la consécration des libertés, de toutes les libertés, demeure encore long. Le combat continue. 


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