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editorial / ACTUALITÉS

Mission accomplie

Hocine Aït Ahmed s’en est allé, au terme d’une vie pleine et intense, entièrement dédiée à la poursuite de l’idéal de liberté. Il a entrepris son long voyage depuis cette terre d’exil, Lausanne,  qui l’a accueilli lorsqu’il a dû fuir, forcé et, assurément, la mort dans l’âme, la patrie qu’il libéra du joug colonial et dont il voulait, dès l’Indépendance déjà, célébrer les épousailles avec la démocratie et la justice qui font que les peuples s’émancipent. En vain. Hocine Aït Ahmed, ce dernier des chefs historiques du mouvement national et père fondateur de la Révolution algérienne, aura été militant jusqu’à ce que ses forces l’abandonnent. Hocine Aït Ahmed a été un militant politique endurci, un opposant inusable, aimé par des milliers d’adeptes qui l’ont vénéré au point d’en faire un mythe, mais aussi contesté par beaucoup qui lui reprochèrent sinon son choix de vivre ailleurs, certaines de ses positions et alliances politiques, en tout cas. Il est parti avec ce sentiment qui étreint : celui de n’avoir pas vécu la joie d’assister à son pays libéré des tenailles de l’autoritarisme. Mais l’homme qui vient de tirer sa révérence ne peut pas être mort, car les révolutionnaires de sa dimension et les militants au long parcours, au long cours comme lui, ne meurent jamais, quand bien même, ils leur arriveraient aussi de s’éteindre comme le commun des mortels. Ils continuent à vivre à travers l’héritage qu’ils lèguent aux générations futures. C’est pour cela qu’on ne fait pas que les pleurer. Leur disparition est une invitation au recueillement. Un recueillement désintéressé, dicté par la seule reconnaissance à un aîné qui a préféré cheminer sur les sentiers tortueux de l’opposition, contrairement à d’autres héros fatigués, qui ont choisi de quêter l’embonpoint, voire plus si les accointances devaient le permettre. Un recueillement à l’écart des pleureuses professionnelles que l’on entendrait encore sangloter et verrait afficher des mines défaites. De son vivant, Hocine Aït Ahmed redoutait que la récupération politicienne, celle qui tenterait le pouvoir, en premier lieu, s’invite à ses funérailles. Mais peu lui importe, maintenant que son exil a pris fin. Définitivement.


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1 réactions
népourêtrelibre le 25/12/2015 à 15h56

De son vivant avait demandé de ne pas être enterré parmi ceux qui l'ont emprisonné... Finalement, il sera enterré dans son village natal... Voilà une leçon à retenir à jamais... Par ailleurs, je l'avais pressenti bien avant l'annonce... Je savais qu'il allait être enterré à Ain Hammam.... Ps : Dommage, je réside au Canada, sinon je serais allé à son enterrement!! 1Kabyle.

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