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editorial / ACTUALITÉS

Mourir à petit feu

La presse algérienne célèbre aujourd’hui la Journée mondiale de la liberté de la presse, dans un contexte où se mêlent difficultés économiques et pressions politiques. Cette liberté de la presse, arrachée de haute lutte grâce aux sacrifices des femmes et des hommes de la corporation, se retrouve sérieusement menacée par cette propension des tenants du pouvoir à mettre au pas toutes les voix discordantes ou critiques à l’égard de leurs politiques boiteuses.
Les discours lénifiants que l’on continue à servir à l’occasion des célébrations, comme celle de ce 3 mai, à coups de louanges et d’hommages, cachent mal, en tout cas, les réalités amères d’un métier en butte à des doutes sur son existence même. Ce qui prête presque à rire, c’est que la multitude de titres et de chaînes de télévision est présentée comme une preuve de la vitalité de la démocratie algérienne. Visiblement, ce qui compte, c’est le nombre. Pourtant, la plupart des organes de presse aujourd’hui n’ont pas trop le choix s’ils veulent survivre à une politique d’étouffement politique et économique dont les effets ont déjà commencé à se faire sentir.
Pourtant, nos gouvernants, on ne sait par quel miraculeux et soudain regain de conscience, se rendent à l’évidence d’une certaine utilité sociale de la presse. Le président de la République, qui a appelé, hier, dans son message, les journalistes à contribuer à défendre l’image du pays face aux campagnes de diffamation et de déstabilisation venant de l’extérieur, élude pourtant complètement la situation peu envieuse dans laquelle se débat une bonne partie de la presse algérienne. Peut-on décemment confier à une corporation, que l’on continue de tuer à petit feu, une mission qui, tout compte fait, n’est pas la sienne ? La presse algérienne, faut-il encore le marteler aux esprits amnésiques, a payé un lourd tribut pour avoir, durant la décennie rouge, osé, aux côtés de toutes les forces vives de la nation, prendre la défense de la République mise en danger par un effroyable terrorisme islamiste.
Mais aujourd’hui que la tempête est passée, la corporation est comme vouée aux gémonies et presque abandonnée à son triste sort. Preuve en est que la mise en place d’une autorité de régulation, qui aurait pu, un tant soit peu, contribuer à alléger le poids qui pèse sur elle du fait de la gestion clientéliste de la publicité publique, semble remise aux calendes grecques. C’était pourtant une promesse du chef de l’État lui-même.


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