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editorial / ACTUALITÉS

Naufrage éthique, sinistre politique

Cette liste qui a remporté la commune d’Alger-Centre lors des élections du 23 novembre dernier portait bien son nom : “La perle d’Alger”. Elle vient en effet d’offrir à l’opinion la plus jolie perle politique de cette fin d’année. La liste, supposée indépendante au départ, a fait allégeance au FLN, lui offrant, du coup, et pour les cinq années à venir, une APC que les électeurs, eux, avaient majoritairement refusée à ce parti. Ce que la démocratie à l’américaine elle-même serait incapable de réaliser, malgré le poids décisif des “grands électeurs”, notre démocratie à nous vient de le réussir !
Mais Alger-Centre n’est qu’un exemple qui vient mettre en lumière une pratique qui prévaut dans tout le pays et qui, lors du scrutin du 23 novembre dernier, a montré que la vie politique en Algérie connaît un naufrage éthique sans précédent. Car c’est d’abord d’éthique qu’il s’agit ici. De sinistre politique aussi, forcément. Il y a encore peu, on ne pouvait imaginer un édile élu sur la liste d’un parti politique en démissionner dès l’annonce des résultats et, suprême insulte à la morale, en rejoindre un autre qu’il critiquait vertement quelques jours auparavant, durant la campagne électorale.
Décidément, “la politique, c’est l’art du possible”, comme on dit. Sauf que chez nous, rien n’est plus impossible, pas même l’immoral et l’immonde ! Et, du coup, la politique elle-même en devient immorale et immonde. C’est, vraisemblablement, le but du jeu. Car, quelle meilleure recette pour éloigner les Algériens de l’engagement politique et, surtout, les plus jeunes qu’on veut, manifestement, maintenir à la périphérie de la vie publique pour faire d’eux non pas des citoyens, mais des résidents, au mieux ? Quelle meilleure méthode pour discréditer l’acte de voter lui-même et pour diaboliser la classe politique “globalement et dans le détail” ? Une chose est sûre : les grands et éternels gagnants de telles pratiques restent les partis du pouvoir et, donc, le pouvoir. Se sachant honnis, peu aimés et peu respectés, ces partis risqueraient gros s’ils n’entraînaient pas tous les autres dans leur déchéance morale. Or, la propagation de ce phénomène qu’est le “nomadisme politique” rend la pratique plus visible. Il fait alors progresser grandement cette idée reçue selon laquelle “tous sont pourris”. Une aubaine pour les vrais et incurables pourris qui, on les voit, se frottent les mains.


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