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editorial / ACTUALITÉS

On ne joue pas avec l’Armée !


Le pataquès commis par Gaïd Salah, en adressant une lettre de félicitations à son “ami” Amar Saâdani, n’a pas laissé indifférents quelques acteurs politiques qui ont exprimé, à juste titre, leur désapprobation. Car il s’agit bien, en l’espèce, d’une dérive gravissime qui appelle une réaction beaucoup plus vigoureuse et, surtout, plus massive de la part de la classe politique qui n’a pas le droit de se taire pour quelque raison politicienne. Gaïd Salah, en déclarant ainsi sa “flamme” au FLN, au prétexte que ce parti “représente la première force politique du pays” (comme si un jour en Algérie, il y avait eu des élections crédibles pour juger de l’ancrage réel de chaque formation politique), il exclut de facto la centaine de partis politiques agréés par le ministre de l’Intérieur. Et c’est là que réside la faute politique, dès lors que cette déclaration constitue une violation d’un principe cardinal de la Constitution post-Octobre 88, à savoir la neutralité de l’institution militaire qui a l’obligation pérenne d’être à égale distance de toutes les formations politiques.
Cela étant, Gaïd Salah a parfaitement le droit d’avoir une préférence politique, et pourquoi pas pour le FLN, “au regard du capital révolutionnaire et historique”, comme il le dit. Mais en tant que citoyen, et seulement en tant que tel. Et pas en sa qualité de chef d’état-major de l’Armée. En agissant ainsi, à dessein ou par manque de lucidité politique, il vient d’embringuer, malgré elle, l’institution militaire dans des querelles de chapelle, au moment où le pays, face au tournant politique de la succession, a besoin d’une Armée au-dessus de la mêlée. Si le chef d’état-major prend ainsi fait et cause pour Saâdani, et encore une fois, c’est son droit en tant que citoyen, il n’est pas pour autant dit que le choix soit celui du reste de la haute hiérarchie militaire. Des appels qu’on a eus hier nous confortent d’ailleurs dans cette optique.
Si Gaïd a choisi d’apporter son soutien au FLN de Saâdani, au détriment de ses adversaires, du RND, un autre général, désireux d’afficher publiquement sa couleur politique, pourrait être amené à soutenir le MSP, le FFS, le PT ou Tartempion. Et c’est là que gît le diable de la cassure d’une institution qui a su, malgré toutes les vicissitudes, garder son unité, son homogénéité et, en définitive, sa force. Ce sont ces vertus cardinales qui lui valent la considération et la confiance des Algériens de tout le tropisme politique. Tout le monde aura compris que la sortie de Gaïd Salah participe de ces manœuvres plus ou moins visibles qui consistent à mettre les pièces du puzzle de la succession qui semble s’accélérer. Mais, on ne joue pas avec l’Armée !


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