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editorial / ACTUALITÉS

On ne tue pas le poète !

Un poète peut-il mourir ? Cela ne se peut, du moins, s’agissant de Matoub Lounès. Le chantre de la chanson kabyle et le militant infatigable de la cause identitaire et de la démocratie vit toujours, malgré son assassinat physique, en ce funeste 25 juin 1998. Il est même plus vivant que jamais, tant son aura n’a, depuis, de cesse de grandir.
Matoub est de ces troubadours de génie et au destin exceptionnel, dont la mort n’est pas une fin, mais une naissance pour l’éternité. Vingt ans après sa disparition tragique, lâchement assassiné, il demeure une idole pour des millions de ses fans qui se recrutent, chose plutôt rare pour un chanteur, dans toutes les générations. S’il est élevé à une telle estime, c’est qu’il a toujours su trouver les mots qui redonnent courage, qui blindent les convictions et qui empêchent les doutes d’entraîner les sceptiques sur le chemin du défaitisme. C’est qu’il a, aussi, toujours chanté tout haut, mais aussi admirablement bien, ce que les autres disent tout bas. Matoub, c’est cet immense artiste, au talent exceptionnel, à la notoriété universelle, mais qui est toujours resté un enfant du peuple. Surtout un homme parmi son peuple, car l’exil lui insupportait terriblement. Il ne s’y est jamais résolu, malgré les menaces qui pesaient sur sa personne et sa famille. En dépit aussi de recommandations insistantes de ses amis. Il est resté attaché à cette terre d’Algérie, à sa Kabylie qu’il aimait par-dessus tout jusqu’au dernier souffle. Il était heureux parmi les siens avec qui il partageait les moments de joie comme les peurs et les angoisses. Matoub était aussi entier dans ses engagements que profond dans ses convictions. Des attributs, s’ils sont réunis chez un ciseleur de mots aussi fin qu’était Lounès, préparent à la gloire éternelle. À l’immortalité. Les balles ne peuvent rien contre les poètes. Elles peuvent meurtrir leur  chair, mais ne les tuent pas. Elles leur ouvrent les portes de l’éternité. Ceux qui ont attendu Matoub Lounès au détour d’un virage à Tala Bounane pour l’assassiner doivent le savoir : un poète ne peut pas mourir.


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