Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de 11h (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

editorial / ACTUALITÉS

Ôter les œillères

Mû, à l’évidence, par un désir effréné d’occuper les espaces d’expression et, du coup, réduire ceux des adversaires politiques, Ahmed Ouyahia s’est embarqué, ces dernières semaines, dans une offensive médiatique, tous azimuts, dont on ne maîtrise certainement pas encore tous les contours. La contre-attaque du Premier ministre et néanmoins chef d’un parti profondément ancré dans le système, trouve, peut-être, une explication dans le bouillonnement que connaît, ces derniers mois, la scène politique. Celle-ci est, en effet, marquée par la multiplication d’initiatives politiques appelant à hâter le changement à la tête de l’État pour éviter au pays des lendemains incertains qui se dessinent déjà. Conséquence directe de cette effervescence politique où des sujets d’une grande sensibilité, comme la succession à Bouteflika ou le rôle de l’armée, ont occupé le devant de la scène, les hautes sphères du pouvoir n’hésitent pas à montrer des signes d’agacement, allant, parfois même, jusqu’à menacer de sévir contre quiconque remettrait en cause l’ordre établi. Mais, face à l’aggravation de la crise financière que subit le pays, le système se sait à court d’arguments. Car en face, la société, complètement ankylosée et, jusque-là, maintenue sous perfusion une décennie durant, grâce aux recettes à profusion des hydrocarbures, a commencé à se réveiller de ce long coma dans lequel on l’a précipitée. À court de liquidités, la vache à lait n’est plus aussi prolifique qu’elle ne l’était, il y a quelques années. Et il sera difficile de poursuivre cette politique d’achat de la paix sociale à laquelle les gouvernants, dépourvus d’un véritable projet de société pour le pays, se sont habitués pour se maintenir au pouvoir. La chute drastique des recettes pétrolières a achevé de dénuder l’imposture. Dans une mise en scène qui prête au burlesque, c’est le même appareil responsable de la forfaiture qui veut nous persuader qu’il est le seul à avoir les clés pour nous sortir du bourbier. Il nous somme presque de l’accompagner dans son entreprise de “poursuites des réalisations”, au moment où il s’agit, de l’avis de tous les acteurs politiques, économiques, sociaux, syndicaux, culturels…, de sauver le pays, qui commence à tanguer sérieusement, d’un naufrage presque inéluctable qu’il faut éviter. Au lieu d’occuper les espaces médiatiques par un discours à sens unique, les gouvernants auront plutôt à gagner à ôter les œillères qui les empêchent de voir plus loin que le bout de leur nez. Pour le bien du pays.


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER