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editorial / ACTUALITÉS

Ouyahia, l’autre bilan

Une année, jour pour jour, après son retour aux affaires comme Premier ministre, le moment est sans doute propice à Ahmed Ouyahia de faire le bilan de son action. Disons-le de prime abord : les circonstances mêmes dans lesquelles était démis ce dernier indiquaient déjà à Ahmed Ouyahia la voie à suivre et lui traçaient les lignes rouges à ne jamais dépasser. Ajoutons donc, à sa décharge, qu’en matière de bilan, nul autre à sa place n’aurait pu faire mieux. Car un Premier ministre officiant à l’ombre d’un régime qui ne lui laisse aucun levier de commande ni aucun pouvoir de décision est placé d’emblée dans un rôle de simple exécutant d’une feuille de route convenue ailleurs. Et l’on sait, précisément depuis le limogeage de Tebboune, que cet “ailleurs” n’est pas forcément la présidence de la République. L’on peut donc considérer qu’il n’est ni opportun ni pertinent de parler du bilan d’Ouyahia. Sauf si l’on observe ce bilan à l’aune de ses propres ambitions dans la course à la succession qui agite les hommes du sérail et leurs clans. Car Ahmed Ouyahia est un enfant du système et tous ses actes doivent être analysés comme ceux d’un acteur qui œuvre à perpétuer ce système et à prendre du galon dans la hiérarchie, si possible. Et qui, à défaut, doit savoir attendre son heure. Tout cela, Ouyahia a montré depuis longtemps qu’il sait le faire, contrairement à d’autres, comme Abdelmadjid Tebboune ou, avant lui, un certain Ali Benflis.  Le Premier ministre a donc de quoi être satisfait de son bilan annuel : il a actionné la planche à billets, et les fonctionnaires ont pu toucher leurs salaires ; il y a eu un moment de “froid” entre lui et le grand frère du FLN, mais tout est vite rentré dans l’ordre ; il a appelé Bouteflika à rempiler pour un cinquième mandat. Il a donc bien rempli son rôle. Et, du coup, il est toujours en poste et ses chances de faire avancer sa “carrière” sont restées apparemment intactes. Sa patience aussi. C’est l’autre bilan d’Ouyahia et il est plutôt positif. Tant pis si les puristes de la bonne gouvernance économique et sociale s’inquiètent de la situation du pays et peu importe que les rêveurs politiques s’angoissent de voir l’État de droit traîné dans la boue, le pouvoir législatif anéanti, la justice peu indépendante, la corruption galoper, le débat contradictoire banni et la présidence à vie en passe d’être entérinée. Ahmed Ouyahia n’avait rien promis de tout cela.


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