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editorial / ACTUALITÉS

Ouyahia, le clou du spectacle

C’est une élection semblable aux précédentes que vient de connaître l’Algérie. Parce qu’elles ont été conduites et organisées selon le mode opératoire désormais bien rodé en Algérie, ces locales du 23 novembre n’auront produit, en effet, aucune évolution de la cartographie politique générale du pays. L’écrasante majorité des collectivités locales est donc tombée dans l’escarcelle de la majorité politique habituelle, celle incarnée par le FLN, le RND et les petits alliés.
Mais, comme par le passé, ces “gagnants” partent avec un handicap qu’il serait malvenu de sous-estimer : cette légitimité pour le moins discutable qu’implique l’abstention massive enregistrée ce jeudi. Que l’on ait bourré les urnes ou non, le taux de participation annoncé indique que plus de la moitié des électeurs ne se sont pas rendus aux bureaux de vote. Si cela n’empêche pas que les listes gagnantes puissent légalement diriger leurs communes, cela ne manque pas d’exprimer, en silence mais avec force, un désaveu clair de la gouvernance nationale qui, depuis des décennies, est aux mains de cette “majorité” victorieuse des locales.
Ce déficit de légitimité est d’autant plus criant que, cette fois-ci, la crédibilité du scrutin est remise en cause, non pas seulement par l’opposition, mais aussi par un certain Ahmed Ouyahia, Premier ministre de son état, qui s’est exprimé, il est vrai, en qualité de patron du RND. S’il s’est bien gardé de parler comme un opposant assumé, il en a assez dit pour que ceux qui l’entendent y voient une dénonciation de “fraude”.  M. Ouyahia a sans doute ses raisons qui, naturellement, ne sont pas celles des opposants, mais il a bel et bien usé du même vocabulaire qu’ils emploient pour dénoncer le trucage des élections. Outre l’abstention massive qui se répète encore cette fois, et qui est politiquement très parlante, cette sortie du chef du RND est un autre fait saillant de cette élection. Au nom de ses propres raisons, et à son corps défendant, Ouyahia a enfoncé le clou de l’illégitimité et aura fait le clou du spectacle. Si, lui, chef du “parti de l’administration” par excellence, se plaint de “dépassements” et annonce des “recours documentés”, les partis d’opposition en ont forcément subi bien plus et le secrétaire général du RND n’a plus la latitude à contredire leurs observations. Mais il est dit qu’Ouyahia a ses raisons : il se félicitera bientôt de cette “fête démocratique” et louera la “neutralité de l’administration”.

 


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