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editorial / ACTUALITÉS

Paranoïa politique

Ahmed Ouyahia ne le dira sans doute jamais ouvertement, mais sa décision de ne pas être au rendez-vous de la conférence sur la transition énergétique dont il devait ouvrir les travaux s’apparente à un boycott, le FCE étant un des organisateurs de cette rencontre. Et, il faut bien l’admettre, M. Ouyahia a des raisons d’en vouloir à cette organisation patronale qui, comme l’UGTA, avait donné son aval, voire sa bénédiction à une décision prise dans le cadre d’une réunion tripartite, avant de se raviser et de dénoncer l’accord ainsi conclu, à l’issue d’une “tripartite parallèle”, politiquement officieuse, tenue sous l’égide du FLN. Le parti d’Ould Abbes aura donc réussi à semer la zizanie entre Ahmed Ouyahia, en sa qualité de Premier ministre, et les partenaires économiques et sociaux du gouvernement. Et c’était sans doute le but recherché.
Certes, le FLN s’en défend et prétend s’inquiéter seulement de la forme que prendront les prochaines privatisations. Mais il faut, à coup sûr, se méfier de cet argument avancé pour justifier la guerre que ce parti mène désormais ouvertement, et sans doute par procuration, à la personne du Premier ministre. D’autant qu’Ould Abbes lui-même avoue n’avoir aucun exemple de privatisation inopportune à reprocher au gouvernement. Mais il préfère, dit-il, “prévenir que guérir”.
Si Ahmed Ouyahia semble se rebiffer aujourd’hui, quoiqu’en silence, c’est qu’il a lui-même saisi la véritable portée de cette attitude “préventive” que son “allié” du FLN dit observer. Il sait qu’elle va au-delà de désaccords sur la stratégie de gouvernance économique, à supposer que ces clivages aient existé un jour entre le FLN et le RND. C’est dire qu’Ould Abbes exécute en réalité une partition dictée de quelque part. Pas forcément de la présidence de la République, mais sans doute d’ailleurs. Il s’agit de disqualifier Ahmed Ouyahia de la course à la présidentielle si d’aventure l’option du 5e mandat devait être écartée pour quelque événement imprévisible. Et c’est dans ce jeu que s’impliquent désormais le FCE et l’UGTA, embarqués par le FLN.
Au-delà de ce fameux partenariat public-privé qui, de l’avis même des experts, n’est pas une réponse adéquate aux problèmes économiques que connaît le pays, c’est tout le gouvernement qui est ainsi condamné à l’inaction. C’est en effet une vraie paranoïa politique qui risque de s’installer et toute mesure prise par le gouvernement sera lue et interprétée à la lumière de ses probables implications sur l’échéance de 2019 et, le cas échéant, combattue et retirée. Avec la bénédiction du FCE et de l’UGTA.


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