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editorial / ACTUALITÉS

Pour la conjuration du pire

Oublié et enfoui dans le fond des tiroirs depuis bien des années, le projet de construction maghrébine vient d’être ressuscité, à la faveur d’une initiative du RCD qui en a fait un des thèmes majeurs des débats ayant marqué son dernier Congrès. Initiative à laquelle ont répondu favorablement trois partis du Maroc (PAM), de Tunisie (Al-Joumhouri) et de Libye (PNL), et qui, du coup, brise cette chape de plomb sous laquelle était maintenu ce dossier dont l’importance stratégique était pourtant avérée et reconnue depuis longtemps, et même montée d’un cran suite aux changements intervenus sur la scène internationale et à ces nouveaux périls apparus dans le voisinage immédiat de l’Afrique du Nord, voire en son sein.
Cette sortie d’acteurs politiques de quatre pays du Maghreb prend ainsi les contours d’une éclaircie dans la grisaille, d’une lueur d’espoir. Elle est, en tout cas, rassurante. Il est sans doute trop tôt pour parier sur son succès final, mais elle rappelle au moins que l’idéal maghrébin n’est pas mort et que, dans chacun des pays qui composent cet ensemble qui reste à faire, des bonnes volontés existent et se mobilisent pour, au moins, remettre le projet sur les rails.
Mais cette initiative tombe surtout à point nommé car il était temps de signifier que la construction du Maghreb constitue un enjeu trop important, voire trop décisif, pour en laisser le soin à des régimes plus soucieux de leur survie que de l’intégration régionale. Car ce projet est aussi une question de démocratie. Il ne peut donc être porté que par les forces démocratiques et progressistes de chacun des pays concernés. Même si l’espoir n’est pas interdit de voir ceux qui tiennent les rênes du pouvoir politique à Rabat, Alger, Tunis, Tripoli et Nouakchott s’amender enfin, et convenir, à leur tour, de cette nécessité historique, politique et économique que vient de rappeler le diplomate Lakhdar Brahimi qui estime que “la situation aux frontières algéro-marocaines n’est pas admissible” et que la construction d’une union maghrébine est “nécessaire pour la région”, regrettant même que, face à la crise libyenne, Alger n’ait pas soutenu, “dès le départ”, le peuple libyen. Sous-entendu très diplomatique : il y a avait une autre priorité, celle de sauver le régime Kadhafi. L’Union maghrébine en est donc encore là : “un syndicat de chefs d’État” qui savent se serrer les coudes. Une logique, suicidaire pour tous, à laquelle vise à mettre fin cette initiative de partis maghrébins. Pour le bien du Maghreb qui, à défaut, risque de s’enliser dans le pire.


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