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editorial / ACTUALITÉS

Protester dans le calme, c’est possible

Le gouvernement ne peut plus prétexter, désormais, le motif sécuritaire pour justifier l’interdiction des marches et autres manifestations de rue au niveau de la capitale. Les médecins résidents viennent de montrer, si besoin est, qu’il est possible de battre le pavé à Alger sans que cela ne dérape. Pour peu, et c’est très important de le souligner, que les autorités n’ordonnent pas, comme elles l’ont systématiquement fait depuis juin 2001, la répression qui, elle, génère, immanquablement, des affrontements avec leurs déplorables lots de blessés et de destructions de biens. Car, souvent, c’est du recours à la force publique pour empêcher les manifestations que naît le désordre. Les médecins résidents, qui ont protesté pacifiquement hier dans la capitale, ont administré, et le mot ne tient aucunement de l’exagération, la preuve de ce que manifester publiquement n’est pas forcément synonyme de violence et de casse. Les blouses blanches l’ont prouvé mais d’autres protestataires d’autres corporations professionnelles, des partis politiques ou des associations auraient pu tout aussi le démontrer si l’opportunité leur était donnée pour le faire. Corrélativement, elles ont donné la preuve, aussi, de ce que les marches peuvent se passer dans le calme quand la police travaille à les encadrer et les sécuriser. Ce qui, d’ailleurs, est dans ses missions, du moins, c’est le cas dans les démocraties les mieux abouties. Et, étant donné que c’est la nature de la gouvernance qui détermine les rapports des gouvernements aux protestations politiques et sociales qui ont vocation à la démonstration de rue, il ne faut pas se réjouir trop vite, cependant, de l’attitude des autorités algériennes qui ont toléré la marche des résidents. Rien ne dit que l’usage de la matraque est définitivement révolu. Un retour au tout répressif est toujours à craindre. Le gouvernement l’y ordonnerait dès qu’il se sentirait affranchi des contraintes qui lui ont dicté de lâcher du lest face à la détermination des médecins. L’image du pays ayant pris un sérieux coup après la violente répression des résidents au début du mois, les images de médecins ensanglantés ayant fait le tour de la planète, grâce notamment aux réseaux sociaux, le gouvernement ne pouvait faire bon cœur contre mauvaise fortune. D’autant que des organisations internationales s’intéressent de près à ce qui se fait chez nous en matière de libertés et de droits de l’Homme. Si le gouvernement n’a pas agi sous la contrainte des contingences sur lesquelles il n’a pas de maîtrise, qu’il en apporte alors le démenti, comme, par exemple, abroger le décret qui interdit les marches à Alger ! 


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