Prudence extrême

Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a présidé, hier, à l’inauguration de la Foire internationale d’Alger. Une inauguration des plus plates qui soit, tant est que le coordonnateur de l’Exécutif s’est interdit la moindre petite annonce politique, alors que les questionnements autour de la candidature ou pas du président Bouteflika en 2019 et d’autres actualités non moins brûlantes l’y incitent, pour ne pas dire le lui recommandent.
La virée d’Ahmed Ouyahia aux Pins Maritimes aura donc manqué d’être une opportunité pour l’éclaircissement que l’opinion, qui ne sait plus qui des partisans de Bouteflika croire, attend au sujet du 5e mandat. Le silence du grand intendant du pays est assurément volontaire. Il procéderait de la prudence que le commis de l’État au long cours a appris à observer lorsque les surenchères postulent à féconder le débat politique. C’est, en effet, depuis un bon moment déjà qu’Ahmed Ouyahia se maintient sur cette ligne de conduite qui consiste à ne rien laisser échapper qui pourrait faire se lever des boucliers contre lui, qui pourraient sinon le gêner dans son ambition politique, à tout le moins le déstabiliser et perturber son magistère présent.
C’est d’ailleurs ce à quoi s’essaie quasi ouvertement Djamel Ould Abbes qui ne lésine pas sur la critique à son endroit, allant même, extrême provocation, jusqu’à se mettre dans le rôle d’un chef de l’Exécutif et réunir la tripartite. Plus précisément refaire la tripartite autour du fameux partenariat public-privé (PPP). Jusqu’ici, Ouyahia est parvenu à tenir la dragée haute à ses adversaires, réussissant même à les irriter par son attitude, à tel point, d’ailleurs, qu’Ould Abbes s’agace et le presse à se déterminer par rapport à l’échéance présidentielle. Peine perdue. Ahmed Ouyahia ne se dévoile pas. Pour lui, la question du 5e mandat n’est pas tranchée. C’est dit par Seddik Chihab, mais cela vient de lui. Incontestablement.