Scroll To Top
FLASH
  • L'intégralité du contenu (articles) de la version papier de "Liberté" est disponible sur le site le jour même de l'édition, à partir de 11h (GMT+1)
  • Pour toute information (ou demande) concernant la version papier de "Liberté" écrire à : info@liberte-algerie.com

editorial / ACTUALITÉS

Quand l’absurde le dispute au cynisme…

Alors que Djamel Ould Abbes s’échine depuis des mois à établir un bilan glorieux de la gouvernance de Bouteflika qui servirait à appuyer et “légitimer” un cinquième bail présidentiel pour celui-ci, Abdelkader Bensalah semble avoir trouvé mieux. Sa méthode ? Le fait accompli, tout simplement. Avec une dose remarquable de raisonnement par l’absurde, abondamment saupoudré de ce cynisme assumé qui caractérise nos dirigeants.
Le fait accompli est manifeste : il appelle le chef de l’État à briguer un 5e mandat, depuis la tribune du Conseil de la nation, en sa qualité de président de celui-ci et au nom de tous ses membres. Donc, au nom de la Chambre haute du Parlement ! Ce qui ne l’empêche pas de souligner, dans le même discours et à une minute d’intervalle, que le respect des institutions est l’une des “lignes rouges” en Algérie ! M. Bensalah en aura donc assez dit pour décourager les ardeurs d’Ould Abbes : le bilan de Bouteflika, dans sa partie politique, est plutôt mauvais, comme le montrent, assez éloquemment, toutes ces affaires scabreuses où se mêlent corruption, trafic de drogue, scandales sexuels et autre trafic d’influence, dans lesquelles sont très souvent impliqués des représentants de l’autorité publique, d’institutions de la République et, quelquefois, leurs proches. En cette veille de 5 Juillet, il serait bon que nos gouvernants le reconnaissent, enfin, indépendamment de leur attachement viscéral au 5e mandat, afin que soit préservé, tout au moins, l’espoir d’y remédier, autant que faire se peut : ce sont, bel et bien, les institutions qui sont gangrénées par la corruption et non la société qui serait affectée par une crise morale !
Quant au raisonnement par l’absurde, il est dans l’argumentaire de M. Bensalah qui justifie cet appel au 5e mandat par la conjoncture économique et politique. Cette conjoncture, pour le moins problématique, serait donc complètement étrangère à la gouvernance de Bouteflika ! Sauf que, là aussi, il s’agit, à l’évidence, d’une déclinaison du bilan de cette gouvernance.
Il est vrai que le fléchissement du prix du pétrole a bon dos et qu’il est tout indiqué de lui imputer à la fois les échecs économiques des gouvernements qui se sont succédé et leurs retombées sociales de moins en moins tenables. En revanche, le mérite de la moindre des “réalisations” est accordé, exclusivement, au pouvoir politique, donc, à celui qui l’incarne, mais jamais aux embellies financières que l’on doit, pourtant, aux seules recettes de nos exportations d’hydrocarbures. Comme pour rester fidèle au raisonnement par l’absurde. Et à cette inévitable dose de cynisme…


Publier votre réaction

Nos articles sont ouverts aux commentaires. Chaque abonné peut y participer dans tous nos contenus et dans l'espace réservé. Nous précisons à nos lecteurs que nous modérons les commentaires pour éviter certains abus et dérives et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à notre charte d'utilisation.

RÉAGIR AVEC MON COMPTE

Identifiant
Mot de passe
Mot de passe oublié ? VALIDER