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editorial / ACTUALITÉS

Réalité du marché

Plus que la raison, c’est la réalité du marché qui a soulevé les limites du système des licences. Devant l’urgence de faire face à un déséquilibre flagrant entre des recettes en baisse et des dépenses d’importation en hausse, l’État a choisi la méthode qu’il connaît le mieux, même si elle est la moins efficace : celle d’une gestion administrative du marché. Il est vrai que la décision de supprimer le système des licences est louable et courageuse tant les dégâts intervenus en deux ans sont importants, allant même vers une déstructuration de l’économie nationale. Au lieu d’aller vers une régulation, l’État a choisi d’interdire à coups de décisions, plongeant dans le désarroi les opérateurs économiques et les investisseurs, ainsi que les partenaires étrangers, assurés d’être protégés par des accords aussi bien bilatéraux que régionaux.
Ce pas franchi n’a pas encore pris en considération les conséquences de cette demi-mesure puisque pas moins de 900 produits restent interdits temporairement d’importation dont certains sont encore indispensables à la transformation et à la mécanisation. À titre indicatif, l’interdit qui touche la robinetterie peut sembler anodin s’il ne concernait que la robinetterie domestique, alors que celle qui est utilisée pour les turbines ou les gros équipements n’existe pas sur le marché. Pousser jusqu’à l’absurde, une turbine sera à l’arrêt à cause d’un robinet spécial !
Pour les autres produits interdits, ils prendront la route du cabas avec une double taxe : la taxe intérieure à la consommation (TIC) de 30% et éventuellement un droit de douane qui s’élève à 60%. Le marché informel déjà non maîtrisé prendra une autre importance quelque part stratégique, puisqu’il va pallier ce qui était du rôle des importateurs.
Par ricochet sur le principe de l’offre et de la demande, le marché de la devise prendra des ailes vu l’écart qui existe déjà entre le taux officiel affiché par les établissements bancaires et celui pratiqué par la Bourse du square Port-Saïd.
L’État avait-il le choix d’une autre démarche pour faire face à des mauvaises décisions prises par ce même État ? Oui, si dès le départ, il avait cru en ses entrepreneurs et investisseurs au lieu de se confiner dans des rôles de régulateur, de gendarme et de distributeur de la rente pétrolière, à la fois.

Par Outoudert Abrous
abrousliberte@gmail.com


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