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editorial / ACTUALITÉS

Rendez-vous ratés, impuissance avouée

C’est de manière quasi simultanée que le département d’État américain et la Coface s’invitent dans le débat sur la situation et les perspectives de l’économie algérienne. Si le rapport américain a souligné surtout le climat des affaires peu propice à l’investissement dans notre pays, l’assureur-crédit français, lui, s’est attardé sur les conséquences possibles qu’il faudrait attendre des mesures prises par le gouvernement pour juguler la crise financière induite par la chute du prix du pétrole.
Curieusement, c’est en relevant que le gouvernement algérien va continuer à faire preuve de générosité dans les transferts sociaux que la Coface évoque un probable pic de la contestation sociale ! Incongrue en apparence, l’analyse de cet observatoire du “risque-pays” n’en est pas moins étayée par des arguments difficiles à réfuter : l’Exécutif ne pouvant plus financer lesdits transferts sociaux par les recettes des exportations d’hydrocarbures, ce sera à la planche à billets de prendre le relais. Une alternative que les experts estiment intenable sur la durée. Et pas seulement : contrairement aux assurances du gouvernement, ce procédé qu’il appelle pudiquement “financement non conventionnel” est, de l’avis général, hautement inflationniste, et va générer, selon la Coface, une hausse générale et incontrôlable des prix à la consommation. Le même effet, par ailleurs, que produiront inéluctablement les surtaxes bientôt appliquées aux importations.
Comme tous les précédents rapports et analyses d’organismes étrangers sur l’Algérie, les conclusions du département d’État US et les alertes de la Coface n’agréeront pas le gouvernement, mais ne l’amèneront pas à s’amender.  Car il assume pleinement ses choix. Pour la simple raison qu’il n’en a plus d’autre, la diversification de l’économie et la démocratisation de la gouvernance économique étant désormais parmi les grands rendez-vous ratés de ces 20 dernières années. N’est-ce pas Ahmed Ouyahia, lui-même, qui disait, il y a quelques mois à l’Assemblée nationale, que le recours à la planche à billets n’était “pas une option, mais une obligation ?”
Il n’y a pas de meilleure formule pour avouer l’impuissance du gouvernement face à une situation qui le dépasse et qu’il en est réduit à passer “au plus pressé” autant que faire se peut. Et à évoquer la “décennie noire” et la “tragédie nationale”, ou encore les “menaces” qu’implique la situation dans le voisinage de l’Algérie, histoire de refouler les colères pour désamorcer la bombe sociale. Comme la planche à billets, cela peut fonctionner un temps. 


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