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editorial / ACTUALITÉS

Saut périlleux

Le grand argentier du pays a été très rassurant hier à l’APN lors de sa présentation du projet de loi de finances 2018. Primo : l’Algérie évitera le recours au FMI et son plan d’ajustement structurel pendant au moins trois ans. Secundo : le projet de loi de finances 2018 ne prévoit pas généralement de dispositions qui touchent le citoyen.
Au demeurant, le ministre des Finances a asséné hier deux demi-vérités. En théorie, le niveau confortable des réserves en devises de l’Algérie donne un répit à l’Algérie au moins jusqu’en 2021. Mais cela est subordonné à la maîtrise par le gouvernement Ouyahia de la situation économique et sociale. La tâche n’est pas aisée : éviter que les importations dérapent, veiller à ce que la production d’hydrocarbures ne chute pas tout en priant que les prix du pétrole ne descendent pas sous les 50 dollars.
Seconde demi-vérité : Abderrahmane Raouya  ne fait pas allusion aux effets négatifs de la planche à billets. En effet, l’autorisation de recourir à l’impression de billets pour renflouer les caisses de l’État est consacrée par une disposition du projet de loi de finances 2018. Une solution qui reste, de l’avis d’un grand cercle de spécialistes et de plusieurs institutions internationales, une solution inadéquate au règlement de la crise que vit le pays de par ses répercussions négatives sur la valeur du dinar et sur le pouvoir d’achat de la majorité des citoyens. En un mot, le spectre d’une inflation à deux chiffres, selon ces spécialistes, n’est pas à écarter en 2018.
Face à ce scénario, la communication gouvernementale tient, paradoxalement, un langage de sourds. En gardant le cap, l’Exécutif sous-estime, en fait, le risque d’une probable dégradation de la situation sociale résultant d’une hausse importante des produits de large consommation et d’une importante dévaluation du dinar en 2018. Le résultat serait, en fin de compte, l’inverse de ce que recherche le gouvernement Ouyahia à tout prix : la paix sociale avant l’élection présidentielle de 2019. L’Algérie s’apprête donc à effectuer un saut périlleux sous l’Exécutif Ouyahia. Elle ne pourra le réussir que si les gestionnaires du pays sont à l’écoute des avis des experts et des préoccupations des citoyens. Ce qui ne semble pas être le cas actuellement.


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