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editorial / ACTUALITÉS

Sombres desseins

Des dizaines de citoyens ont manifesté, par des actions de rue, durant le week-end dernier, leur opposition à la tenue de concerts de musique, dans leurs villes respectives, brandissant des revendications essentiellement sociales pour justifier leur attitude. Cela aurait pu relever de l’insolite, voire passer inaperçu, si les protestataires ne s’étaient pas sentis obligés de prendre part à une prière improvisée sur la place publique, comme ce fut le cas à Ouargla. En agissant, consciemment ou inconsciemment, ainsi, ils ont donné une connotation religieuse à leur action.
À Boumerdès également, les motivations des opposants à la soirée musicale prévue dans un jardin public de la ville ne souffrait aucune équivoque. Des jeunes des quartiers environnants ont afflué vers le lieu pour empêcher, disent-ils tout haut, la diffusion de chansons “indécentes”. D’autres voix portant des revendications de la même veine s’élèvent aussi à l’ouest du pays, à Sidi Bel-Abbès précisément, pour réclamer l’annulation pure et simple du Festival national du raï. Et si dans toutes ces actions, les auteurs tentent d’habiller leurs doléances et de les présenter dans un emballage qu’ils pensent plus recevable pour les autorités et le commun des citoyens, leur comportement semble avoir achevé de trahir les sombres desseins qui se profilent derrière les agissements des uns et des autres.
Pourquoi cette propension à envelopper toute action revendicative citoyenne d’une dimension idéologique ? N’y a-t-il pas d’autres formes de protestation plus mobilisatrices que le recours systématique à la rhétorique religieuse ? Que pourrait, en effet, cacher cette soudaine aversion pour la musique et la chose culturelle de manière générale ? Pour les Algériens qui n’ont pas la mémoire courte, cette attitude fait remonter inéluctablement à la surface les souvenirs d’une sombre époque où, à coups d’arguties religieuses, des hordes de faux gardiens de la morale se mobilisaient pour interdire les activités culturelles. Certains citoyens sont-ils si amnésiques au point d’oublier les effroyables dégâts causés dans la société par le recours au discours religieux ? Certes, il faudrait peut-être s’intéresser de près aux raisons qui poussent aujourd’hui les Algériens, notamment les jeunes, dans les bras d’un islamisme aussi sournois que dévastateur pour l’avenir de la nation. L’échec multidimensionnel de la gestion des affaires du pays, par un régime désemparé par sa propre faillite, n’est évidemment pas loin de ce nouveau cauchemar qui se profile.


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