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editorial / ACTUALITÉS

Sous-traitance politique ?

Le “gel” d’un projet de loi, dont le processus d’adoption était engagé, voire bien avancé, est un fait qui ne peut qu’interpeller, voire interloquer, car inédit dans les annales parlementaires en Algérie, mais aussi dans celles de la gouvernance. Surtout, quand ni le Parlement ni le gouvernement ne daignent expliquer à l’opinion, même après coup, les tenants et aboutissants d’une telle décision.
Le projet de loi sur les télécommunications, qui devait être présenté à la plénière de l’Assemblée nationale aujourd’hui, était en débat au sein de la Commission concernée lorsque vint, soudainement, “l’ordre” de tout arrêter, sans autre forme de procès.
Or, si le (défunt ?) projet de texte en était à ce stade, c’est qu’il avait été entériné par le gouvernement, dans un premier temps, puis par le Conseil des ministres présidé par le chef de l’État, dans un second temps, avant d’être programmé par le bureau de l’Assemblée. Qui donc pouvait stopper net le processus d’adoption d’une loi à cette étape ? Le gouvernement aurait-il découvert tardivement, dans le texte, quelque grave anomalie qu’il n’aurait pas détectée en temps opportun ? Aurait-il été alerté “en off” par quelque voix mystérieuse ou “rappelé à l’ordre” par quelque décideur extra-institutionnel ? Dans ce pays, où le pouvoir de l’oligarchie est évoqué de façon récurrente, ce n’est pas aller trop vite en besogne que de se poser pareilles
questions.
Car la gouvernance en Algérie — particulièrement l’action du gouvernement — est systématiquement chahutée, ces dernières années, par des dysfonctionnements ou, tout au moins, des hiatus et des tâtonnements inimaginables à ce niveau des structures de l’État. On peut en citer à la pelle, mais on se souvient particulièrement de ces remaniements ministériels qu’on a dû “corriger” après 48 heures, de ces nominations de ministres pour deux… heures, ou encore de l’éviction et du remplacement d’un Premier ministre qui aura battu un record plus triste pour le pays que pour lui-même : celui du “plus vite limogé”. L’on avait bien vu, spécialement lors de cet épisode, que la décision nationale ne relevait pas exclusivement des institutions de l’État et que d’autres forces, de moins en moins cachées, pouvaient disposer d’un droit de veto, voire de prérogatives non dites et non écrites, qu’elles font exercer par les pouvoirs publics, mais pour leur propre compte. Le “gel” du projet de loi sur les télécoms indique-t-il que le gouvernement est désormais réduit à faire de la sous-traitance politique ?


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