Tout ça pour ça !

La facture globale d’importation des produits alimentaires reste sur une tendance haussière, selon les chiffres livrés, hier, par les services des Douanes qui relèvent que l’Algérie a importé, au cours des sept premiers mois de l’année en cours, pour 5,236 milliards de dollars contre 5,185 milliards de dollars pour la même période de 2017. Soit une hausse de 51 millions de dollars. Une évolution somme toute légère de la facture qui aurait pu passer inaperçue en période normale si ce n’était toute la batterie de mesures et d’artifices à laquelle a recouru, ces dernières années, le gouvernement pour tenter de maîtriser une facture toujours salée des produits alimentaires importés.
Certes, cette impuissance presque maladive dont fait preuve l’Exécutif à juguler une explosion des crédits destinés aux importations ne concerne pas seulement les produits alimentaires. Cela fait quelques années tout de même qu’il fait feu de tout bois en déployant toute une palette de mesures et de dispositifs pour essayer de dompter la facture globale des importations, mais sans succès. L’échec est, en effet, cuisant sur toute la ligne. Pourquoi donc les importations de denrées alimentaires feraient exception ? Licences d’importation, établissement de listes de produits carrément interdits, suspension provisoire d'importation pour certaines marchandises, élargissement de la liste des marchandises soumises à la taxe intérieure de consommation… L’Exécutif aura été pour le moins très inventif dans la recherche et la mise en œuvre de ce qui apparaissait comme des solutions radicales pour endiguer le phénomène de l’explosion de la facture d’importation. Mais, force est de constater qu’à l’arrivée, le résultat est plutôt décevant. La facture que le pays va devoir continuer à payer pour ses approvisionnements en produits alimentaires est loin d’être sous contrôle. Et ce n’est visiblement pas ce nouvel artifice tout trouvé, le droit additionnel provisoire de sauvegarde (Daps), institué par la loi de finances complémentaire 2018 pour des opérations d’importations bien définies, qui va influer sur cette tendance qui semble s’installer dans la durée. Même la réglementation imposant aux opérateurs activant dans le secteur du médicament de consentir des investissements dans la production n’a, selon toute vraisemblance, pas produit l’effet escompté. L’Exécutif va mettre encore plus la main à la poche pour pouvoir acheter à l’étranger les médicaments dont le pays a besoin.