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editorial / ACTUALITÉS

Ultimes tentatives de sauvetage

Le silence que s’imposent les porte-voix habituels du pouvoir qui ne s’expriment plus que pour faire état de leur revirement ou de leur “adhésion” au mouvement du 22 février ne signifie guère que les officines du système sont réduites à l’inaction, encore moins à l’abdication. En revanche, la cascade de “lâchages” dont Bouteflika fait l’objet ces derniers jours est un signe qui ne trompe pas : l’idée d’une disqualification définitive du clan présidentiel est de plus en plus acceptée par les décideurs et ferait même consensus — ou presque — au sein du sérail. Les sorties successives du porte-parole du RND, du premier responsable de l’ANR qui multiplie les interventions dont on peut constater l’évolution de jour en jour, puis celle du porte-parole du FLN, hier, convergent vers une seule et même conclusion : Bouteflika doit rendre son tablier au plus vite. Car, à défaut, l’Algérie se retrouverait, dès le 28 avril à minuit, dans une inextricable situation de non-droit par le fait d’un Président sans légitimité aucune ou d’une vacance du pouvoir de fait.
Mais, pour autant, les officines politiques du pouvoir ne chôment pas entre deux vendredis. Et elles ne conçoivent surtout pas le départ de Bouteflika comme le début d’une transition devant aboutir au dépassement du système politique en place. Sous prétexte de satisfaire à une exigence de la société, politiquement et juridiquement fondée, les décideurs au sein du sérail s’affairent, selon toute vraisemblance, à mettre en place, au nom de la nécessaire continuité de l’État, un schéma de succession dont la finalité non déclarée est de permettre une mainmise du pouvoir sur une transition qui assure au système les conditions de son maintien et de sa survie. C’est ainsi que le porte-parole du FLN suggère d’élire illico-presto un président de la République qui aura “la légitimité de parler au nom du peuple”. Et, pendant qu’il y est, il n’oublie surtout pas de balayer d’un revers de main toutes les autres propositions de sortie de crise, notamment celles de l’opposition, celle-ci étant, selon lui, “rejetée par la rue”. Comme si son parti, lui, ne l’était pas !   
Face à de telles manœuvres, l’opposition a, aujourd’hui plus que jamais, le devoir d’une présence continue et d’une action soutenue pour rappeler que le départ de Bouteflika, de sa fratrie et de l’oligarchie qui s’est constituée autour de lui n’est guère la finalité du mouvement du 22 février, loin s’en faut. Il s’agit d’une demande populaire qu’il lui suffit de porter et d’opposer aux ultimes tentatives de sauvetage du système.


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