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editorial / ACTUALITÉS

Un discours de légitimation instinctif

Après avoir motivé leur appel au maintien d’Abdelaziz Bouteflika à la tête de l’État pour cinq autres années à compter de 2019 par le bilan “positif” de “réformes” et ses “réalisations”, les partis du pouvoir semblent désormais ne pas y croire eux-mêmes. Ils se rendent compte, tout au moins, qu’un tel plaidoyer ne peut tenir devant une réalité, vécue et nettement palpable, qui se caractérise par une crise économique, au demeurant officiellement reconnue et souvent invoquée pour justifier certaines mesures gouvernementales, doublée d’une crise politique qui affecte les institutions, mais qu’ils se refusent à admettre, bien que tout aussi réelle. C’est ainsi qu’à l’argument d’un bilan qu’ils ont dressé et évalué par eux-mêmes et pour eux-mêmes, sans que nulle autre partie n’y soit associée, vient s’ajouter, à présent, la promesse d’une stabilité que seul peut garantir une prolongation du règne de l’actuel chef de l’État. L’on est ainsi forcé de comprendre que tout autre scénario déboucherait sur une situation d’instabilité avec toutes ses inévitables implications : régression économique, remise en cause de droits et d’acquis sociaux et, suprême menace, l’insécurité qui risquerait de replonger le pays dans le chaos.  
Peut-on donc ignorer l’aspect paradoxal de ce discours qui lie le destin du pays d’un million et demi de martyrs et de ses 40 millions d’âmes à celui d’un homme âgé de 81 ans, malade de surcroît ? Ne contredit-on pas ainsi “le bilan positif” tant clamé ? La fin suffisant toujours à justifier les moyens, pourquoi s’encombrer de précautions ? Au-delà de tout, les partis du pouvoir et, plus généralement, les partisans de la “continuité” pourront toujours rétorquer qu’ils sont responsables de leurs déclarations, pas des interprétations auxquelles elles donnent lieu. Sauf qu’en politique, seule l’interprétation peut donner du sens aux déclarations.   
Analysé de façon simple et sans fioriture, un tel discours a un nom : le chantage. Un chantage “utile”, certes. Car s’il a pour but de faire peur, sa finalité est tout autre : il s’agit de légitimer un nouveau fait accompli. Un autre coup de force, pourrait-on dire.
Mais c’est toujours d’un déficit de légitimité que naissent le besoin, puis la production instinctive, donc irréfléchie, d’une démarche et d’un discours de légitimation qui, en l’occurrence, peuvent fonctionner malgré leurs incohérences criantes. Au bout, il y a un risque. Un risque ignoré, puisque la démarche comme le discours sont inspirés par l’instinct de survie. Le risque ? C’est celui de voir la crise s’accentuer et le pays s’y enfoncer davantage. Chose promise, chose due : ce sera… “la continuité”.


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