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editorial / ACTUALITÉS

Une mise à mort programmée

Chaque jour qui passe charrie son lot de scandales et renseigne un peu plus, si besoin est, sur l’étendue des “réalisations” dans un pays rongé par une crise morale qui semble autoriser tous les excès. La filière de la tomate industrielle aurait pu constituer un axe important de développement du secteur agroalimentaire. Un tel objectif reste facilement réalisable au vu des potentialités que recèlent des régions entières du pays et de la volonté affichée par les agriculteurs de continuer à produire.
Mais visiblement, ce qui manque le plus, c’est une réelle volonté d’aider cette branche agricole à s’émanciper. Au-delà, en effet, des discours creux que l’on continue à nous servir, la réalité paraît amère pour les agriculteurs, contraints, à maintes reprises, de brader leur récolte ou de, carrément, s’en débarrasser dans la nature. Pourtant, toutes les conditions sont, plus ou moins, réunies pour un partenariat gagnant-gagnant entre agriculteurs et transformateurs.
Les pouvoirs publics y ont mis du leur  en plaçant un système d’encouragement pécuniaire pour les uns et les autres. Mais dans une Algérie où tous les secteurs sont livrés à la prédation, une filière, comme celle de la tomate industrielle, peut-elle échapper à la règle ? Que nenni ! Comme le démontrent les témoignages sur les agissements de certaines grandes entreprises de transformation, il apparaît clairement qu’il y a anguille sous roche. Jugeons-en : au moment où toute la politique du gouvernement est orientée vers l’encouragement de la production nationale, afin de suppléer les importations dont la facture est de plus en plus pesante pour la trésorerie nationale, il se trouve des opérateurs qui continuent de recourir à l’importation pour alimenter leurs usines en matière première.
Pourtant, la production nationale peut largement couvrir les besoins des unités de transformation à des prix très bas. D’où la question à deux sous : pourquoi ces opérateurs préfèrent-ils les importations à la production nationale ? Pour certains observateurs, ces opérations sont en réalité un des circuits de la fuite des capitaux vers l’étranger. Sinon, comment expliquer l’indifférence affichée par ces mêmes transformateurs devant le dépérissement du système national de production, eux qui s’étaient déjà engagés à contribuer à le sauver ? Les intérêts à l’importation sont-ils, à ce point, si importants pour justifier la mise à mort d’une branche qui pèse des dizaines de milliers d’emplois ? À l’évidence, seule une enquête approfondie serait à même de débusquer les mains prédatrices tapies dans l’impunité ambiante d’un pays sans gouvernail.


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